Inondation à Conakry : Le ministère de la Ville poursuit sa croisade contre les constructions anarchiques

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Depuis quelques semaines, le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire procède à la démolition des constructions anarchiques à Conakry. Cette opération d’urgence vise à dégager les points critiques qui sont à la base des inondations dans plusieurs quartiers de la capitale guinéenne en cette saison des pluies.

Ainsi le mercredi 8 août, Dr Ibrahima Kourouma  en compagnie des cadres techniques de son département, a dirigé trois opérations dans les quartiers de Hamdalaye-Mosquée, Kakimbo et Faban. Après les premiers coups des Caterpillar, le chef du département de la Ville invoque des raisons d’ordre sécuritaire et sanitaire pour justifier cette opération.

‘’Comme vous l’avez vu, les enfants et les vieilles personnes vivent tous dans les eaux usées dans ces quartiers. Les concessions sont faites dans un premier temps sur les zones interdites, notamment sur les ponts. Sur le plan sécuritaire, les concessions sont faites de façon anarchique. Aussi, la présence de l’eau sous ces maisons que vous avez vues, va naturellement entrainer une diminution de la résistance de la maison. Au fil du temps, il va y avoir ce que nous connaissons malheureusement, l’écroulement de ces maisons. La seconde chose, ce sont  ces eaux usées qui viennent et qui s’installent dans les concessions. Pratiquement tous les membres des familles sont en contact avec ces eaux usées. Donc sur le plan sanitaire, il y a une situation qui est extrêmement grave. Troisième chose qui est encore dangereuse, c’est que sur le plan de l’aménagement au niveau de la ville, il y a complètement un désordre et cela, est extrêmement grave. Voilà des situations sur lesquelles nous ne pouvons pas vraiment continuer. D’abord, il faut sauver la population, il faut assurer la santé de la population et il faut faire en sorte que notre ville soit une ville propre et belle », a déclaré le ministre Ibrahima Kourouma.

Dans ces endroits, les occupants vivent dans des conditions pénibles dans l’insalubrité avec une insécurité totale. C’est le cas de Mohamed Soumah, la trentaine installé au secteur Viêt-Nam dans le quartier Faban. Marié et père de deux enfants, lui et sa famille, sont obligés d’escalader un mur pour arriver dans leur petite maison perchée et isolée au milieu du bras de mer. Interrogé il se dit conscient du danger auquel ils sont exposés. Mais selon lui, c’est la pauvreté qui l’a poussé à habiter là.

« Je suis dans cette petite maison depuis 2 ans qui appartient à M. Cissé. Chaque fin de mois, je lui donne 50 milles francs guinéens pour la location. Comme vous le constater pour arriver dans la maison on escalade ce mur. C’est dangereux mais comme c’est difficile de trouver une chambre à Conakry je n’ai pas le choix. Je vis ici en attendant on souffre trop. Difficilement, on trouve du travail et pour ne pas dormir dehors, je reste là », explique Mohamed Soumah.

Sur le terrain, certains indiquent détenir des titres de propriété fournis par les services de l’habitat. Mais, ils n’ont posé aucune résistance à la démolition de leurs concessions.  Ceci, disent-ils, par respect à la loi.

Par ailleurs, des victimes des inondations saluent  l’initiative et encourage l’Etat dans cette dynamique.

«Dieu merci, on n’arrivait plus à dormir dans nos maisons à cause de l’eau de ruissèlement à cause des individus qui ont construit sur les caniveaux et ont barré la route à l’eau. Ce n’est pas normal mais comme c’est le voisinage, on ne peut pas dire grand-chose au risque de créer des frustrations ou de se faire des ennemis », laissent entendre certaines femmes interrogées à Kakimbo et à Faban.

Cette opération d’urgence va se dérouler simultanément dans plusieurs quartiers de Conakry en vue de soulager les populations victimes des inondations.  Pour sa part, Dr Ibrahima Kourouma n’a pas manqué de féliciter le ministère de l’Administration du Territoire pour son accompagnement dans cette opération d’envergure a travers le soutien des chefs de quartiers.