Insécurité alimentaire : plus de deux millions de Guinéens touchés en 2018 (ministre) 

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Après Banjul (Gambie) en 2018, c’est à Conakry d’abriter depuis ce lundi 2 décembre la semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Les échanges seront axés, entre autres, sur les enjeux alimentaires afin d’apporter des solutions innovantes contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui sévit dans l’espace sous-régional et dans le sahel, a-t-on constaté sur place.

Prenant la parole, la ministre de la Coopération Internationale et de l’Intégration Africaine, Dr. Djènè Kéita, a fait savoir que la précarité alimentaire et la malnutrition constituent un handicap majeur pour le développement de notre continent.

Poursuivant, elle a rappelé que le résultat de l’enquête de l’analyse globale de la vulnérabilité, de la sécurité alimentaire et de la nutrition en Guinée, réalisée en mai 2018 par le gouvernement en collaboration avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a montré que 21% des ménages guinéens sont en situation d’insécurité alimentaire soit 2 459 000 personnes. « Parmi ces ménages, 2,4% sont en insécurité alimentaire sévère dont un peu plus de 300 000 personnes », a-t-elle ajouté.

Pour sa part, le Secrétaire Exécutif du Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) a donné les raisons de sa présence en Guinée. « Nous sommes présents ici pour partager l’expérience du CILSS qui est une organisation intergouvernementale depuis 45 ans pour les questions de sécurité alimentaire et nutritionnelle au niveau régional », a-t-il précisé.

Abordant dans le même sens, le représentant de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a indiqué que cette rencontre est une réunion de partage : « notre région s’est dotée d’une politique agricole régionale adoptée par nos chefs d’Etat en janvier 2005. L’objectif était de sortir nos populations de l’insécurité alimentaire, de malnutrition mais aussi, de créer de l’emploi et de revenu pour que chaque citoyen puisse contribuer de façon autonome et efficace à l’amélioration de ses conditions de vie et de son cadre de vie dans sa sphère. »

Dans son intervention, le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture Faramoé Béavogui a mentionné que la Guinée a élaboré son Plan National pour le Développement Economique et Social (PNDES) qui intègre toutes les politiques de développement du secteur rural et d’autres secteurs. D’après lui, c’est dans cette politique s’inscrit le plan national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire en Guinée.

« Il s’agit d’accroitre la productivité, enrichir les producteurs et le pays. Dans cette stratégie, la Guinée a bâti plusieurs projets et programmes notamment le café arabica au Fouta, café robusta en Guinée Forestière, de palmier à huile et de cacao Mercedes. Dans le secteur de l’élevage, nous avons l’insémination artificielle et d’autres initiatives sur la riziculture et la pisciculture », a-t-il cité.

Parallèlement à cette la semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, se tient également les journées de la Coopération. Une opportunité que les membres du gouvernement en charge de la coopération ont mise à profit pour échanger avec l’ensemble de ses partenaires techniques et financiers, les ambassadeurs et les agences techniques.  « Nous avons signé un partenariat avec les Etats-Unis sur un programme de santé à hauteur de 15 millions de dollars », a dit la ministre de la Coopération Internationale et de l’Intégration Africaine, Dr. Djenè Keita.

Quant à son homologue du Plan et de Développement Economique, Mama Kany Diallo, cette rencontre est une première. « Les discussions ont porté sur beaucoup de choses notamment comment financer le développement et comment faire en sorte pour réaliser les objectifs du PNDES. Nous sommes en train de mettre en place un plan de développement qui est arrivé à terme et qui sera suivi d’autres plans de développements pour 2020-2025 », a-t-elle annoncé.