Insécurité : la panique populaire fait un mort et des blessés à Siguiri

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La panique d’une vindicte populaire avortée fait un mort et plusieurs blessés dans la commune urbaine de Siguiri, dans la journée de ce mercredi 23 janvier 2019. Image d’archives.

C’est un jeune d’une vingtaine d’années qui a frôlé le pire en échappant à une vindicte populaire. La victime du nom de Sayon Condé commerçant à Doko explique sa mésaventure. « J’étais venu à Siguiri centre pour acheter la marchandise ; sur la route, un monsieur m’a interpellé en disant que je lui dois de l’argent. Malgré ma réticence, il a insisté en criant au voleur et la foule est venue avec des bâtons et cailloux pour me lyncher. C’est grâce au chef de secteur des TP travaux publics) que j’ai été sauvé », relate-t-il.
A la gendarmerie, Ismaël Diallo l’auteur de l’acte donne sa version des faits. « C’est un client, il me doit de l’argent depuis plusieurs mois. Lorsque je l’ai aperçu ce matin, je l’ai interpellé et il a nié les faits c’est pourquoi, je l’ai pourchassé en criant au voleur », affirme-t-il.
Sur place, Famoro Doumbouya, le chef secteur de TP ayant sauvé la vie du jeune évoque une accusation gratuite qui aurait conduit au lynchage du jeune. « Je l’ai envoyé à la gendarmerie malgré les coups que j’ai reçus. Mais, à l’issue de nos renseignements, il s’avère que c’est une accusation gratuite qui voulait conduire au lynchage du jeune. Car, le nom que Ismaël Diallo attribue à la victime n’est pas son nom. En plus, il avance des arguments qui ne tiennent pas. Il faut que les gens arrêtent de se rendre justice », a déclaré M. Doumbouya.
Dans ce brouhaha de la vindicte populaire avortée, un vieillard qui était sur une moto taxi a été tué par une voiture qui a foncé sur la foule. Plusieurs blessés sont actuellement signalés dont un dans un état critique, a-t-on appris d’une source hospitalière.
Siguiri est devenu une zone de lynchage populaire par excellence. En 2016, c’est le même type de situation qui avait conduit à la mort de deux jeunes bouchers.