Intempéries: Le cri  de cœur des sinistrés de Mali

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Curieusement, on n’en a pas fait cas, et on n’en parle presque pas. Covid 19 et Politique volent la vedette à une  actualité tragique qui touche les populations de l’ensemble des treize (13) sous-préfectures de Mali.

Presque un mois après le passage fortement dévastateur d’une tornade sur l’ensemble de l’étendue de la préfecture de Mali, les populations sinistrées sont toujours sans abris et sans assistance.

Depuis le 14 juin dernier, ce sont plusieurs centaines de familles, pour la plupart des enfants et des femmes qui vivent des conditions extraordinairement difficiles.

Déjà habituée au quotidien d’une pauvreté aigue, une bonne frange de la population de Mali reste désormais sans abris. Une situation particulièrement rendue préoccupante par les grandes pluies qui s’abattent actuellement dans le pays.

Même si aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, la tornade a causé les malheurs à une population déjà chroniquement malheureuse et qui manque pratiquement de tout.

D’après les informations obtenues auprès de la direction préfectorale du développement rural, la tornade a causé la destruction de près de 925 propriétés privées (appartenant généralement aux plus démunis), trois (3) mosquées et trente-cinq (35) bâtiments administratifs. Les dégâts ont affecté les populations de la totalité de la sous-préfecture.

Ce sont des maisons en dur, semi dur, banco et des cases qui ont été soit entièrement décoiffées; soit partiellement. D’autres se sont écroulées.

Des maires et responsables communautaires joints par Guinéenews déplorent qu’à date, aucune assistance considérable n’a été enregistrée. Ce sont plutôt des gestes de solidarité qui se font au niveau local. Par exemple, une famille qui a sa maison partage une pièce ou le salon avec des voisins victimes.

Ces élus locaux précisent aussi le manque de nourriture et autres denrées de première nécessité qu’encourent les populations sinistrées. Avec un risque d’éventuelle famine consécutive aux pertes des champs, cultures de tapades, plantations et cheptel emportés par la tornade.

D’après les statistiques disponibles, la sous-préfecture de Dougountounny est la plus durement éprouvée avec deux cent soixante-trois propriétés privées détruites, suivie de Lébékéré (134 maisons et cases endommangées), Touba (130), Gaya (93), Mali Centre (82), Madina Wora (50), Téliré (49), Fougou (33), Yambering (26), Salambandé et Balaki (21 chacune), Donguel Sigon (15) et Hidayatou (12). Il faut ajouter que les localités de Lébékéré, Salambandé et Touba ont enregistré des cas de mosquées endommagées.

 Bon nombre de victimes sont des mères et sans mari. Toutes sont sans revenu ni épargne.

Face à cette situation humanitaire catastrophique doublée de la crise sanitaire relative au coronavirus, les populations de Mali se consolent d’un espoir précaire de bénéficier de gestes de solidarité, de bonne volonté de la part des particuliers ainsi que d’une assistance des autorités gouvernementales.

Bien que le pays fait face aux challenges liés à la covid 19, il y a désormais cette situation humanitaire qui vient frapper la population de Mali, avec pour la plupart des enfants et femmes sans abris et sans nourriture en pleine saison hivernale. Bref, une urgence humanitaire. S.O.S donc en faveur des sinistrés de Mali.