Internet sans Frontières condamne vigoureusement le blocage des réseaux sociaux en Guinée

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Internet sans Frontières condamne vigoureusement le blocage des réseaux sociaux en Guinée depuis le 23 octobre 2020. Cette censure intervient alors que le président en exercice vient d’être déclaré vainqueur de l’élection présidentielle. Internet Sans Frontieres s’était joint à de nombreuses organisations pour appeler les autorités à préserver la connectivité pendant la période électorale.

Dans un tweet depuis supprimé, le Directeur de l’ARTP [directeur général adjoint, ndlr], l’agence de régulation des télécommunications, confirmait, le 24 octobre 2020, l’ordre envoyé aux opérateurs de brider la bande passante, “afin d’intensifier la lutte contre la haine en ligne”

La déclaration du Directeur de l’ARTP contraste avec celle d’Orange Guinée rendue publique le 23 octobre 2020, qui mentionnait un “incident technique”. Cette communication contradictoire donne peu de gages d’un processus transparent, dans la mise en place d’une mesure disproportionnée, non nécessaire, et dont la légalité doit être questionnée.

Mise à jour du 26 octobre 2020 : Par la voie d’un communiqué rendu public le 25 octobre 2020, Orange Guinée explique n’avoir reçu “aucune notification sur les raisons de cette coupure”.



“Nous condamnons fermement une mesure qui porte atteinte à la libre expression des citoyens guinéens, et à la confiance dans un processus électoral démocratique”, a déclaré Abdelkerim Koundougoumi, Directeur Afrique d’Internet Sans Frontières

Le Gouvernement de Guinée s’ajoute à la liste des autorités qui ont l’habitude de censurer Internet dans des moments politiques importants. En mars 2020, le réseau a été fortement perturbé lors du référendum constitutionnel.

La lutte contre les discours haineux en ligne ne doit pas servir à renforcer la censure. Internet Sans Frontières appelle le Gouvernement guinéen a rétablir l’accès aux réseaux sociaux. L’association se tient à la disposition des acteurs gouvernementaux, de la société civile guinéenne et des plateformes privées pour lutter contre la haine tout en préservant la liberté d’expression.