Investiture d’Alpha Condé : le RPG Arc-en-ciel et le syndrome de Peter Pan

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Le parti au pouvoir n’aurait pas trouvé mieux que le président Alpha Condé pour porter ses couleurs à la faveur de la présidentielle du 18 octobre prochain. Pour son investiture probablement prévue pour le 05 août (comme annoncée par JA), le RPG Arc-en-ciel est en train de mettre les petits plats dans les grands pour la réussite de sa convention, qu’il compte organiser à l’américaine.

Alors que la communauté internationale continue de se déployer au chevet de la Guinée, en vue de rabibocher pouvoir et opposition, déjà sur le front d’une guerre, déclenchée par la tenue du double-scrutin référendaire et législatif, non inclusif du 22 mars, le pouvoir lui, poursuit le déroulement de son agenda, business as usual.

Dans cette logique, la majorité présidentielle ne fait pas mystère de sa volonté d’octroyer la possibilité au chef de l’État sortant, de perpétuer son pouvoir, en briguant un mandat de plus. Mandat que maints observateurs qualifient de « mandat de trop ». Quand on sait que le président n’est pas un perdreau de l’année, il y a de quoi se faire du mouron pour l’avenir de notre cher pays.

Même si au sein de la majorité présidentielle, on a bien l’impression que c’est le sentiment de grégarité qui a pris le pas sur toute rationalité. Certes la petite musique du parti est connue de tous : aucune tête ne doit dépasser celle du patron. En tout cas, si l’on veut continuer à bénéficier des libéralités du palais. Ismaël Condé l’a appris à ses dépens, étant le seul au sein du Rpg arc-en-ciel à avoir dénoncer l’affaire de troisième mandat.

Cette ligne jaune à ne pas franchir, si l’on veut éviter des ennuis. Le vice-maire de Matam aura commis le crime de lèse-majesté en partant avec armes et bagages rejoindre le camp adverse, qu’est l’Ufdg. Depuis, il médite sur son sort entre les quatre murs d’un cachot obscur de Matam. En attendant de passer devant le juge.

Pour revenir à cette convention du 05 août, si l’on en croit le magazine Jeune Afrique, le candidat du parti au pouvoir sera désigné par des délégués régionaux dont l’élection est prévue durant la deuxième quinzaine de ce mois de juillet. Et à l’allure où va le train, nul doute que ce soit Alpha Condé qui décroche la timbale.

De quoi prouver à suffisance que nos formations politiques de façon générale, souffrent du syndrome de Peter Pan, qui est cette peur de grandir. Elles préfèrent en effet, être sous la botte du même leader, ad vitam aeternam.

Le Rpg n’est pas le seul parti dans ce cas de figure. Même si c’est de lui qu’il s’agit dans ce scénario dont nous faisons cas ici.

Déjà, des femmes parlant au nom de la région forestière viennent de jeter leur dévolu sur le chef de l’État pour la prochaine présidentielle. C’est évident que dans les jours à venir, on assiste à l’effet domino de cet « appel » de N’Zérékoré. Nous apprenons d’ailleurs que des délégations de la mouvance vont être déployées dans les quatre régions naturelles, pour les besoins de la cause.

Pour de tels projets, l’exécutif ne regarde pas à la dépense. Surtout que tout dans la démarche du locataire de Sékhoutouréya trahit ses ambitions de vouloir se succéder à lui-même.

C’est dans cette option que la constitution a été changée contre vents et marées. Et comme l’a dit le président lui-même dans une interview parue dans la presse sénégalaise, en avril 2019, ‘’s’il y a une nouvelle constitution, il y aura un troisième mandat’’.

À moins qu’Alpha Condé ne nous surprenne agréablement, en annonçant son intention de raccrocher les crampons, au terme de son second mandat.

La seule alternative qui pourrait redonner un nouveau souffle à la Guinée.