Justice/Gueckédou : le ministre Cheick Sako promet d’ériger la justice de paix en un TPI  

mars 28, 2019 12:59

Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux poursuit sa tournée à l’intérieur du pays. Mardi, Me Cheick Sako était à Gueckédou pour toucher du doigt les réalités de l’appareil judiciaire dans l’arrière-pays. Après Faranah et Kissidougou, le ministre, accompagné d’une forte délégation de son département, est arrivé le mardi 26 mars à Guéckédou.

Dans leur message de bienvenue, les populations de la préfecture ont, par la voix de leur porte-parole, exprimé à tour de rôle leur satisfaction à l’endroit du juge de paix de Guéckédou pour son intégrité et son professionnalisme dans la conduite de l’appareil judiciaire.

Selon le porte-parole de la jeunesse: «les réformes entreprises ont déjà produit des effets positifs dans notre préfecture grâce aux innovations entreprises par la nouvelle équipe et mises à la disposition de notre préfecture sous la direction du juge de paix, Oumar Diallo. Il convient de vous informer que depuis l’arrivée de cette équipe. Il y a de cela 8 mois, la justice de Guéckédou est en pleine réforme, contrairement au passé où il régnait un climat de méfiance entre elle et la population.»

Poursuivant, Nicolas Kamano a affirmé:«la justice de Guéckédou est aujourd’hui démystifiée et est plus proche des justiciables par la rapidité et la transparence dans la gestion des dossiers. Ce qui a donné plus de confiance à la population.  Nous avons compris que la justice ne se limite pas seulement à la lecture, à l’interprétation et à l’application de la loi. Elle se traduit par des mesures judiciaires entreprises par le juge à travers une série de rencontres et de sensibilisation avec les forces de défense et de sécurité, les structures de jeunesse, les confessions religieuses, les confréries des chasseurs, les syndicats, les autorités administratives et les élus locaux… pour échanger avec eux et définir clairement les rôles et responsabilités des uns et des autres dans le processus judiciaire. Avec ces initiatives innovantes, la population de Guéckédou qui avait perdu confiance en la justice est désormais rattachée à elle.»  Le porte-parole a terminé son discours en sollicitant auprès du Département un palais de justice pour la ville de Guéckédou.

À son tour, le ministre Sako s’est réjoui de l’accueil avant de déclaré: «je suis très ému aujourd’hui à Guéckédou pour la première fois depuis que je suis ministre. Gueckedou est une ville martyre, c’est une ville agressée, abandonnée. L’année 2000, vous avez été victimes d’agressions rebelles. Vous vous êtes battus avec l’aide de vos frères des autres régions pour avoir votre liberté. J’ai vu la rentrée de la ville de Guéckédou, il y a beaucoup de chantiers à faire ici. Je serai votre porte-parole auprès du président [Alpha Condé, ndlr] pour lui dire ce que j’ai vu ici. Ce qu’il faut faire pour vous car la République est unique.»

«Toutes les préfectures doivent être sur le même pied d’égalité. C’est le ministre de la Justice qui vous le dit. Je me bats pour l’égalité dans ce pays. Les habitants de Guéckédou ont les mêmes valeurs que les habitants de Boké, de Siguiri. Je vais porter votre message auprès du président et du Premier ministre [Kassory Fofana, ndlr] », a-t-il promis.

S’agissant des réformes engagées par son département, il note qu’elles sont l’expression de «la volonté du président Condé.» C’est lui qui m’a demandé de venir réformer la justice guinéenne, a-t-il déclaré. « Les réformes de la justice ne se voient pas comme celles des travaux publics. On fait des ponts, des routes. Nous allons tout doucement, on ne fait pas une course de vitesse, mais une course de fond.» Le ministre de la Justice a promis aux populations de Guéckédou la construction d’un palais de justice moderne et ériger la justice de paix de Gueckedou en tribunal de première instance.

Enfin, il a remercié le juge Oumar Diallo qui, par le passé, a eu des problèmes à Kindia. Mais qu’à cela ne tienne, Me Sako est catégorique : «personne n’est au-dessus de la loi qu’il soit riche ou pauvre, préfet ou maire, etc. Quiconque viole la loi passera devant la justice. Ce que je vous demande, c’est de respecter le juge, sa décision, de lui faciliter son travail pour avoir la quiétude et l’entente entre les fils de Guéckédou.»