Justice – TPI de Mamou : deux fabriquants d’armes locales condamnés

janvier 9, 2019 1:05
Suite à l’interpellation à Conakry de Hamidou Diallo avec un pistolet de fabrication locale qu’il a acheté chez un forgeron à Mamou, des enquêtes ont été amorcées dans la ville carrefour. Ces enquêtes ont conduit à l’interpellation le 28 novembre dernier de deux forgerons. Deux armes ont été saisies avec ces présumés. Une en réparation et une autre en phase de fabrication. Le parquet a ouvert par la suite une information dans le but de procéder, à d’autres interpellations.
Mamadou Baïlo Kanté et Mamadou Moussa Barry puisque ce sont eux dont il s’agit, ont devant le tribunal de première instance de Mamou pour répondre aux faits de fabrication et transfert illicites d’armes légères.
A la barre, Mamadou Baïlo Kanté le maître de la forge a reconnu les faits de fabrication d’armes. Il indique avoir fabriqué pas plus de 10 fusils depuis qu’il a commencé et soutient qu’il ne fabrique que sous commande des personnes âgées pas des jeunes. A la réponse d’une question du président du tribunal, l’accusé reconnaît qu’il ne possède pas d’un permis d’autorisation de fabrication d’armes à feu. Il affirme qu’il ne fabrique que des pistolets calibre 12.
Pour sa défense, maître Kanté justifie que les fusils de fabrication industrielle sont vendus au marché, ceux qui n’ont pas de moyens viennent chez les forgerons où un fusil est vendu entre 200.000 à 250000 GNF.
Mamadou Moussa Barry, le second prévenu dans cette affaire soutient qu’il est simple apprenti forgeron. Il n’est au courant de rien sur la fabrication des armes.
Dans ses réquisitions, Elhadj Sidiki Camara le procureur a sollicité la condamnation de Mamadou Baïlo Kanté à 5 mois de prison ferme et de Mamadou Moussa Barry à 3 mois de prison ferme. Puis, il requiert pour chacun d’eux le paiement de 2 millions. Une interdiction pendant 5 ans de fabrication d’armes et la confiscation des armes saisies.
Dans le verdict de ce mardi 8 janvier, Abdoulaye Conté le président du tribunal a retenu contre les prévenus la peine d’un an de prison dont 3 mois ferme et au paiement d’un million de franc guinéen d’amende.