Kaléta, ANIES et les hôtels : l’autre lecture au vitriol du candidat de l’UDIR sur le bilan du régime Condé

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Le président de l’UDIR a dressé un bilan peu élogieux de la gouvernance Alpha Condé. C’était dans l’émission « Sans Concession » de Guinéenews© ce vendredi 11 septembre.  Exemples à l’appui, le candidat de l’UDIR à la présidentielle du 18 octobre a mis en exergue la légèreté dont les gouvernements successifs ont fait preuve ces dernières années, y compris au niveau de ce qui a priori était appréciable comme initiatives.

C’est par le secteur énergétique que Bouya Konaté a commencé son diagnostic tout en précisant que si la dose politique n’était pas excessive, il aurait pu avoir un meilleur résultat. « Le professeur Alpha Condé est resté très politique », observe-t-il. Ajoutant plus loin que : « s’il n’avait pas fait de Kaléta et de Soapiti un élément de campagne, un élément politique, ça allait apporter beaucoup de choses à la Guinée. »

Concernant Kaléta, M. Konaté explique : « nous avons quitté 250 millions de dollars pour 700 millions de dollars (…) parce que le projet a obligatoirement pris fin en 2015 alors qu’il était programmé pour 2017. Conséquence, les coûts ont été multipliés. »

Violent réquisitoire contre l’ANIES

L’autre tableau sombre dépeint par le candidat Bouya, concerne l’ANIES (agence nationale d’inclusion économique et sociale). Pour le président de l’UDIR, cette initiative que le pouvoir, en général et le gouvernement Kassory en particulier, brandit comme un trophée de guerre, « est devenu un produit de propagande… Moi, je ne conçois pas qu’on donne de l’argent à des gens pour qu’on distribue. Même les pays communistes ne le font plus. »

Dans ce réquisitoire contre l’ANIES, l’invité de « Sans Concession », propose ceci : « il faut peut-être permettre aux gens dans le secteur privé, alléger tout ce qui est fisc pour que les jeunes entrepreneurs puissent travailler. Mais, quelqu’un de 30, 40 jusqu’à 60 ans doit travailler pour gagner de l’argent. Car ces fonds, nous pouvons les redistribuer ailleurs. »

Son attention attirée par le fait qu’à l’ANIES, il y a un autre volet prévu pour l’entrepreneuriat, Bouya Konaté explique sa réticence : « connaissant le peuple de Guinée, ils vont faire des 250 000 francs guinéens un droit. Un jour ils vont dire que c’est petit (…). Le président qui vient après Alpha Condé, s’il annule ce projet-là, ils vont dire que c’est un mauvais président. C’est ça qui est dangereux. »

Puis, l’un des 12 aspirants à la fonction de président de la République au terme du processus en cours d’insister. « L’homme doit travailler pour gagner de l’argent. On doit l’aider, on doit l’accompagner, mais on ne doit pas lui donner de l’argent. L’Etat n’a pas cette vocation de distribuer de l’argent de la sorte. »

Les infrastructures hôtelières attribuées à l’Etat

Mais de tous les sujets abordés par l’invité dans ce numéro de « Sans Concession », la présentation des infrastructures hôtelières semble être celle qui a le plus déçu le candidat Bouya Konaté.  Pour lui, c’est aussi insensé que de mettre « l’immeuble de Bouya Konaté qu’il a construit dans son quartier au compte du bilan de l’Etat ». Et d’ajouter : « à un moment, il faut arrêter. Car, c’est des fonds privés qui n’ont rien à voir avec la Guinée. On ne peut pas faire de ça, un bilan. Et de déplorer dans la même logique : « … des ministres mettent dans leurs bilans l’achat de bus. »

Des exemples qui traduisent une sorte de déception de la part d’un candidat pour qui l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir en 2010 suscitait une double attente. Celle d’un changement qualitatif dans le respect des lois et ainsi, rendre les institutions fortes pour permettre à celui qui viendra d’engager le processus de l’émergence économique. »

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