Kankan : violents accrochages entre militants du pouvoir et de l’opposition

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La ville de Kankan est sous tension ce dimanche 4 octobre 2020. Des jeunes militants de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) et ceux du parti au pouvoir s’affrontent à coup de jet de pierre à Heremakhonon et à Bordo, deux (2) grands quartiers périphériques de la ville de Kankan.

Des individus armés de gourdins et de coupe-coupe, en grand nombre se réclamant du RPG, pourchassent leurs adversaires, en sous nombre jusque dans leur dernier retranchement.

Des kiosques orange money, des maisons et plusieurs boutiques ont été pillées et saccagés.

Pour le moment, trois (3) personnes, toutes victimes d’attaque à l’arme blanche sont alitées au service des urgences de Kankan. Parmi elles, Abdoulaye Diallo, chef de famille au quartier Bordo. Il relate : « J’ai appris tout d’un coup ce matin que notre concession est attaquée. Je suis venu intervenir, en plaidant par tous les noms. Certains commençaient à renoncer  en disant, lui c’est notre père. Mais dans la foulée, un autre est passé dans mon dos et m’a donné un coup de machette sur la tête. Sur le champ, un autre qui est même un ami de mon fils m’a secouru en me donnant son habit pour bloquer l’hémorragie », a-t-il expliqué.

Sous le couvert de l’anonymat, une jeune victime rencontrée lui aussi au service des urgences de l’hôpital régional se confie à son tour : « Ils sont venus ce matin.  Tout était calme, on était en train de nettoyer l’intérieur de notre nouveau siège. Entre Temps, des militants du RPG sont venus pour nous interdire de faire cela. Il y a eu des disputes et c’est en ce moment il y a eu aussi des affrontements et des jets de pierres où il y a eu plusieurs blessés.  Ils ont saccagé une maison et volé une vingtaine de motos. Ils ont vandalisé la maison et pris tout ce qui était à l’intérieur. Il y a plus de 28 motos qui ont été volées. Moi, on m’a attrapé devant  ma porte, et on m’a frappé avec des chicottes. », s’est-il témoigné.

Malgré des  heures d’affrontement, au moment où nous finissons cette dépêche, aucun agent des forces de l’ordre n’était présent sur les lieux. Au centre ville, par peur, de nombreux commerçants se sentant ciblés par ces hors-la-loi, ont tous fermé leurs portes.

A noter aussi que ces accrochages interviennent, un jour seulement après l’appel lancé par la notabilité de Kankan demandant la paix, la quiétude sociale et la retenue à tous  les camps politiques.