Kankan : Le pouvoir est-il en campagne électorale avant l’heure ?

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A Kankan, on peut dire que c’est déjà la campagne avant l’heure.  Certes, nous sommes en période d’état d’urgence sanitaire décrété et prorogé plusieurs fois par le Chef de l’Etat, Alpha Condé. Et en cette période, les grands rassemblements de personnes ne sont pas autorisés. Mais, à Kankan, ce sont actuellement les mouvements de soutien pour la cause du président de la république Alpha Condé qui mènent la danse. Et ce, grâce à l’accompagnement des grands barons du pouvoir et originaires de la région avec la bénédiction des autorités locales.

Ils étaient pour la quatrième fois de suite, ce dimanche 30 août 2020, plusieurs centaines de jeunes aux couleurs du RPG, à sillonner dans les rues de la ville. Bien que le port de masques soit obligatoire sur instruction du chef de l’Etat lui-même, bon nombre parmi ces personnes n’étaient même pas munies de leur masque de protection.

Après le défilé carnavalesque qui a connu même la participation de plusieurs hauts cadres ressortissants de la région à l’image de l’ancien ministre de l’Education, Ibrahima Khalil Konaté K au Carré, c’est dans la salle de spectacles de la maison des jeunes jusqu’ici interdite pourtant aux artistes à cause de la pandémie, que le meeting s’est tenu.

La salle était archicomble. On ne voyait nulle part un dispositif de lavage de mains encore de distanciation sociale. Ce n’était apparemment la préoccupation de personne dans cette ambiance aux allures de campagne électorale.

Curieux de savoir, la raison de cette forte mobilisation en cette période de grogne sociale dans la région, sur le sceau de l’anonymat, un jeune membre d’un de ces mouvements de soutien nous a confié que : « C’est 5 millions qu’on a donné, dans chaque quartier pour demander aux gens de sortir manifester. En plus, quand tu viens avec ton engin, moto ou voiture, on te fait le plein dans ton réservoir », a-t-il révélé.

Enfin, faut-il aussi rappeler que pendant que les mesures sanitaires sont foulées au sol par le parti au pouvoir, ce sont des pauvres citoyens qui se voient toujours interpelés dans la circulation par les agents de sécurité pour non port de masques. Qui a dit que le ridicule ne tue pas dans ce pays ?