Kankan-Mandiana: risque d’interruption des trafics à cause d’une dégradation avancée de la route

septembre 5, 2018 12:02
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Au lendemain de l’effondrement en cascade des ponts, c’est désormais l’impraticabilité des routes qui devient cet autre casse-tête pour les usagers partout dans le pays. Après la route Kankan-Kissidougou, c’est maintenant l’axe Kankan-Mandiana qui est transformé en un gigantesque bourbier bloquant les trafics entre ces deux localités.

En tout cas joindre aujourd’hui la préfecture de Mandiana à partir de Kankan sur la route  nationale N°7, relève d’un véritable parcours du combattant. En cause, les innombrables bourbiers qui jonchent cet axe routier très fréquenté pour autant.

C’est à la sortie du village de Sanfina que la souffrance des usagers commence. C’est-à-dire juste après les 15Km de bitume réalisés par l’entreprise GUITER à l’occasion du fameux projet de construction de la route Kankan-Mandiana, lancé en 2014 et qui, jusque-là, est classé sans lendemain.

A partir donc de Sanfina, il faut aux automobilistes non seulement une grande  habilité dans la conduite mais aussi une grande témérité pour pouvoir parcourir le reste du trajet qui est truffé de bourbiers et de nids de poule.

Aux environs du district de Nèrèkôrô, un des points critiques de cet axe routier important situé à 35Km de la commune urbaine de Kankan, une vingtaine de véhicules dont des gros-porteurs et des autobus en partance pour Mandiana et la Côte d’Ivoire sont bloqués dans un gigantesque bourbier.

A en croire certains témoignages recueillis sur place, à cause de ces boues, les passagers et leurs véhicules sont parfois embourber durant des jours avant de pouvoir se tirer d’affaires.

C’est ce qu’a laissé entendre Mohamed Kéita et Mamadou Oury Diallo, tous des chauffeurs de gros-porteurs.

« Sur 35 Km entre Kankan et NèrèKôrô, je suis à mon troisième jours, alors que je dois aller jusqu’à Sidikila, après Mandiana pour débarquer du ciment. C’est franchement difficile. Car sur les 35Km, cela fait 3 fois que mon camion s’embourbe», s’est plaint Mamadou Oury Diallo, chauffeur d’un camion remorque.

Quant à Mohamed Kéita, visiblement extenué, il promet tout simplement d’arrêter de payer aux syndicats des transporteurs, les tickets de sortie qu’il prend à chaque voyage.

Dans les bourbiers qui jonchent la route Kankan-Mandiana où seuls les motocyclistes semblent se tirer d’affaire, tous ou presque demandent aux autorités guinéennes en premier lieu, le chef de l’Etat, la réhabilitation rapide de ce tronçon de plus en plus pratiqué mais aussi très dégradé.

D’ici là, le risque d’une interruption totale de la circulation entre les préfectures de Kankan et de Mandiana n’est pas à écarter si des travaux d’urgence n’y sont pas effectués, affirment certains observateurs.

Amadou Timbo Barry, de retour de NèrèKôrô pour Guinéenews