Kérouané: les vérités du ministre de la Justice aux populations

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«Je dis qu’en Guinée, personne ne pourra m’influencer. Le président m’a fait confiance et je dois être honnête avec lui pour que les choses se passent très bien. Donc, les gens qui créent la violence dans ce pays même s’ils sont de ma famille, ils iront en prison s’ils ont tort. Il faut que cela soit clair avec tout le monde.»

 Après l’étape de la région forestière le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Me Cheick Sako a entamé le vendredi 29 mars le périple de la Haute Guinée par la ville Kérouané.

L’objectif de cette visite, est d’expliquer aux populations locales les réformes entreprises par son département et qui ont permis d’ériger la justice de paix de Kérouané en Tribunal de Première Instance et de les sensibiliser au respect des lois.

En tout cas, ce sont éléments qui ont été abondamment développés par le ministre de la Justice devant les populations de Kérouané.

«Kérouané est une ville légendaire de la Guinée. On a privilégié en Haute Guinée, Siguiri et Kérouané au niveau de mon ministère en se basant sur des critères bien précis. D’abord, je l’ai expliqué au parlement devant les députés et au Conseil des ministres et également devant le président de la République. Quand je fais les choses, j’assume mes actes. Je sais pourquoi j’ai choisi Kérouané et j’avoue que je ne suis pas déçu. C’est pourquoi dans la réforme de la justice que le président Alpha condé m’a confiée, on a mis d’abord les institutions en place, on a fait voter les lois. Dans la réforme du Code pénal, cela n’a pas été facile parce qu’on touchait beaucoup de choses dont beaucoup de gens ne voulaient pas qu’on touche. Que ce soit à l’intérieur de la justice qu’à l’extérieur, le code pénal touche la vie du citoyen. En ce qui nous concerne, on a supprimé les assises et on a donné la compétence aux Tribunaux de première Instance (TPI).

Avant, vous aviez deux ou trois juges voire un juge. Aujourd’hui, vous avez 6 juges, un président, un procureur, un juge d’instruction, un juge de siège et un juge substitut du procureur. Tout cela montre l’importance que le département de la Justice donne à votre ville et j’espère avoir du retour aussi du respect de la population pour ces magistrats. Ils sont là pour appliquer la loi et être à l’écoute de la population par le billait du Sotikèmo, le patriarche », a-t-il expliqué.

Dans la même lancée, le ministre Cheick Sako a interpellé les citoyens sur les respects des lois.  »Je dis aux habitants de Kérouané de respecter la loi et les juges. On n’a pas de problème avec la ville de Kérouané, on a des problèmes qu’avec quelques sous-préfectures notamment Banankoro. D’ailleurs, il y a des gens de Banankoro qui sont en prison à Kankan, ils vont rester autant  qu’il faut jusqu’à ce que les choses soient jugées. Je dis qu’en Guinée, personne ne pourra m’influencer. Le président m’a fait confiance et je dois être honnête avec lui pour que les choses se passent très bien. Donc, les gens qui créent la violence dans ce pays même s’ils sont de ma famille, ils iront en prison s’ils ont tort. Il faut que cela soit clair avec tout le monde. Parce que la grande majorité des gens de Kérouané sont biens et respectables. Les quelques brebis galeuses qui font des trouble parmi la population naturellement, il faut que la justice s’occupe de ces gens-là. Donc si vous attendez des bruits que la justice s’acharne sur Banankoro, c’est faux ! La justice s’acharne sur des gens qui font les bêtises. À Siguiri, j’ai eu les mêmes problèmes. Il a fallu qu’on mette beaucoup de gens en prison pour qu’ils se calment. J’ai été voir tous les sages là-bas pour leur dire qu’il faut aider la justice à punir les fils de Siguiri qui font des bêtises, qui ne respectent pas les lois. Dieu merci, à part quelques foyers, les choses se sont calmées là-bas. Il ne faut pas accepter que les imbéciles viennent salir la mémoire de cette ville historique. Pour Cela, la  justice va rester toujours aux côtés de la population pour conseiller, pour rendre justice en fonction  de la loi et dans l’intérêt commun. On a augmenté la sanction contre les gens qui font la violence sur les femmes et sur les enfants. Les questions de succession, on a essayé un peu d’aplanir les ambiguïtés et en matière de nationalité, les sanctions ont été prises contre tous les tricheurs», a-t-il souligné avant de dénoncer les imperfections constatées à ce niveau du TPI et de la prison. Il a par ailleurs promis d’apporter des aménagements mais aussi il a annoncé la construction des Maisons de Justice à Kérouané.