Kissosso/Matoto : Les raisons des affrontements de ce vendredi (syndicat)

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Kissosso, quartier situé dans la banlieue de Conakry, a, ce vendredi, connu un début de journée agité. Des policiers du commissariat de Matoto descendus sur les lieux ont ramassé six motos sans expliquer aux propriétaires les infractions commises. Ce qui a suscité une vague d’indignations de la part des jeunes. Mais comment cela est-il arrivé ?

Moustapha Kourouma est le chef syndicat des moto-taxis de Kissosso. Il revient sur les circonstances des incidents survenus ce matin: « La situation a commencé hier soir. Il y a deux sections ici. Nous, nous sommes en bas, les autres sont en haut là-bas. Hier aux environs de 16 heures, il y a eu une altercation entre une femme gendarme et des policiers à cause de la bavette. »

Mais, « pendant qu’ils se disputaient, les motards qui sont en haut là-bas (du côté de la station de Kissosso, ndlr) sont venus s’immiscer dans la discussion et la situation a dégénéré jusqu’à 18 heures », rapporte-il.

C’est ainsi, « ce matin, encore, quand je suis revenu, j’ai trouvé que les mêmes problèmes ont repris. (…) Entre temps, moi je suis parti à Sangoyah. C’est de là-bas, M. Diallo m’a appelé pour m’informer que les policiers sont venus ramasser les motos des enfants garées sur la ligne. »

Selon Kourouma, à son retour à Kissosso, « la pick-up dans laquelle se trouvaient les motos était déjà partie. J’ai demandé qu’est-ce qui s’est passé, mes amis m’ont répondu que les policiers ont embarqué six motos. Je leur ai dit, il ne fallait pas les laisser partir. Il fallait s’arrêter devant le véhicule pour demander pourquoi ils sont venus prendre nos motos parce que ceux qui sont en train de semer la pagaille sont ceux qui sont en haut là-bas. Nous, on n’a rien à voir avec ça. »

A l’en croire, commandant Fanta du commissariat central de Matoto et le commandant de la CMIS d’Enta se sont parlé sur la situation avant d’inviter le syndicat et les propriétaires des motos à se rendre pour récupérer leurs engins.

Mais entretemps, « … beaucoup de jeunes du quartier sont sortis jeter des pierres notamment ceux qui viennent de Wanindara et ceux d’en bas. Ce qui a perturbé la circulation pendant plusieurs heures. »

Sur place, Guineenews a constaté des pneus et des tables brûlés au niveau du carrefour. On voit également des traces des jets de pierres des deux côtés du carrefour.

Selon un témoin qui assisté à la scène : « quand la pick-up est venue, elle a cherché à barrer les motos d’abord.  Les policiers ont fait monter les motos dans le véhicule sans motifs valables et sans rien dire aux propriétaires. Nous sommes allés vers la pick-up. Les agents ont dit qu’ils ne veulent rien entendre.  On est venu derrière eux pour les suppléer afin qu’ils n’envoient pas les motos. Nous qui étions présents, on ne savait pas pourquoi ils ont embarqué les motos.  Ils ne nous ont rien demandé. (…) Comme ils ont vu que les enfants ne font que sortir du quartier, en partant, ils ont lancé les gaz lacrymogènes. C’est ainsi que les enfants ont commencé à jeter des pierres. »

« C’est une habitude des policiers »

Plusieurs taxi-motards ont témoigné à notre rédaction que les policiers ont l’habitude de venir les week-ends au carrefour de Kissosso pour prendre des motos. « C’est une habitude chez les policiers. Chaque week-end, ils viennent prendre les motos ici. Ils les embarquent pour la fourrière. Pour les récupérer, chaque propriétaire de moto doit payer 110 mille GNF. Quand ils viennent, ils procèdent au barrage de la route d’abord en créant l’embouteillage. Ainsi, toute moto saisie est envoyée à la fourrière au commissariat de la police routière d’Enta. Et là-bas, on te coupe un reçu de 110 mille francs sans te signifier l’infraction commise », explique une des victimes trouvées sur les lieux cet après-midi.

Au moment où nous quittions les lieux, les motos prises n’étaient toujours pas restituées à leurs propriétaires.