Konkouré/Mamou : des lots de cartes d’électeur confisqués, les auteurs traqués par la gendarmerie

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La distribution des cartes électeurs en prélude à l’organisation du double scrutin législatif et référendaire du 1er mars 2020 se déroule à Mamou dans un climat de méfiance.

Dans la sous-préfecture de Konkouré, située à une vingtaine de kilomètres de la ville de Mamou, des jeunes ont emporté un important lot de cartes électeurs, a-t-on appris sur place.

Selon les informations, ‘’hier mercredi 12 février, les jeunes ont commencé à retirer les cartes à Tamagaly-centre avant d’aller menacer à l’aide des armes blanches la dame qui distribuait les cartes dans le district de Tambabeté’’.

Interrogée, Houleymatou Diallo actuellement détenue à la gendarmerie revient sur les circonstances de la confiscation des cartes :  » j’assurais la distribution des cartes avec le président du district de Tambabeté. On était déjà à 83 cartes retirées sur 385 cartes. Le vice-président du district m’avait menacé dans la matinée pour avoir refusé de lui remettre certaines cartes. Vers 16h30, des jeunes sont venus avec des couteaux lorsque le président du district était absent pour me menacer avant de s’emparer du lot de cartes d’électeur que j’avais. Le sous-préfet m’a accusé d’avoir donné volontairement les cartes aux jeunes. C’est ainsi qu’on m’a interpellée. »

Pour sa part, le sous-préfet de Konkouré, Thierno Amadou Bah est on ne peut plus catégorique sur les faits. « Trois jeunes sont venus à Tamagaly pour rechercher leurs cartes qu’ils n’ont pas retrouvées. C’est par la suite qu’ils ont décidé de saisir un lot de cartes qu’ils ont emportées par de vers eux à Tambabeté. Dans cette localité, c’est la présidente de la commission de distribution qui a remis les cartes aux jeunes. Ces derniers sont activement recherchés. Il s’agit de Moussa Fitaba et Sadio Diallo de Tamagaly », a-t-confié.

En ce qui la concerne, la présidente de la commission de distribution qui dit être victime d’une injustice, rejette catégoriquement ces accusations. « Les jeunes m’ont menacée avec des couteaux. Je n’étais pas sécurisée. Je ne pouvais pas résister. Les gendarmes m’ont arrêtée et n’ont pas arrêté celui qui distribuait à Tamagaly parce que ce dernier est du RPG », dénonce-t-elle.

Faut-il enfin rappeler qu’à Mamou, beaucoup de cas de doublons ont été signalés. Preuve une fois encore que le fichier électoral est loin d’être ce fichier irréprochable souhaité par tous.