Koundara : quand les ânes deviennent une source de revenu pour des citoyens

avril 14, 2019 2:38

Koundara est l’une des préfectures du pays la plus chaude. Cette situation empêche plusieurs personnes d’exercer des métiers sous le soleil de plomb. Les ânes qui supportent cette condition climatique, permettent à certains citoyens de se faire de l’argent grâce au transport. La rédaction locale de votre quotidien électronique Guinéenews©.

Dans ce reportage, nous vous amenons au coeur du quotidien des Ndaiffa (les charrettes tirées par les ânes).
Dans les zones sahéliennes, les ânes, les chevaux et les mulets des animaux très mous sont souvent utilisés dans le transport mais aussi dans l’agriculture.
A Koundara, ce sont les ânes qui sont plus utilisés à cause du faible coût de leur entretien par rapport aux chevaux qui demandent de gros moyens.
Dans la commune urbaine de Koundara, pendant cette saison sèche, l’activité principale des charretiers d’ânes est le transport de l’eau, une denrée qui se fait rare. Les charretiers transportent de l’eau dans les bidons de vingt litres pour les vendre aux différents chantiers de construction, aux gargotiers du marché et même dans les foyers des quartiers Ecole  Dar-es- salam et Mosquée. Les charretiers d’ânes transportent aussi des matériaux de construction tels que le ciment, le bois, le sable, les briques du four au chantier.
Les charretiers de Ndaïffa sont des enfants de 15 ans qui ont pris goût à l’argent. Ils transportent aussi du bois mort qu’ils revendent à 40000 GNF par chargement.
Cette activité permet aux familles de trouver des revenus. Koto Bachirou dispose d’une charette, il revient sur les avantages de son métier. « Avec mon âne, je peux avoir jusqu’à deux cent mille par jour si les affaires marchent, seulement avec le transport de l’eau. Je préfère ce travail que de faire un champ d’arachides. Je nourris ma petite famille avec cet argent, je paye les frais de scolarité de mes enfants et tout le besoin de ma famille », a-t-il affirmé.
Kamissa Diallo, un citoyen du quartier NDaïffa, ajoute : « Je n’ai pas d’autres sources de revenu si c’est pas cet âne et la charette. Grâce à ce métier, je me suis marié. Certains jeunes de Koundara ont la complexité de travailler avec la charette, mais moi je suis très fier  avec ma charrette. »
A Sareboidho, une sous-préfecture de Koundara, le jour du marché hebdomadaire qui se tient les dimanches, des embouteillages provoqués par les charretiers d’âne perturbent le mouvement des personnes.
Sur les difficultés que rencontrent les charretiers, Koto Bachirou explique : « Une fois au cœur du marché de Koundara, on nous traite de tout. Les citoyens crient sur nous. Quitte avec ton âne c’est pas votre place ici ! Parfois, ils se moquent de nous. Où sont les feux rouges ? Clignoter avant de tourner ! C’est comme si nous n’avons pas droit de rester en ville et pourtant nous payons des taxes à la mairie 50000 GNF par an. Les gardes forestiers aussi nous empêchent vraiment de travailler même avec la coupe du bois mort, il faut chercher un papier d’autorisation en nous soutirant de l’argent. Quant nos ânes tombent malade, nous les soignons comme on soigne nos propres enfants. Pendant la saison sèche, nous les nourrissons à travers des fanes d’arachides que nous cherchons après les récoltes. »
Malgré la vitesse de la technologie sur la fabrication des engins roulants, les charretiers d’âne de Koundara s’en moquent par ce qu’ils trouvent leur survie dans cette activité.