Kouroussa: le fleuve Niger en danger à cause de l’ensablement et des activités humaines

avril 25, 2018 1:33
0

Situé à un kilomètre de la commune urbaine, le fleuve Niger est menacé par la sécheresse et l’ensablement dus à la pollution et autres effets néfastes des activités anthropiques. Le long du fleuve est transformé en dépotoir… Des déchets solides déversés dans le fleuve, les berges devenues un lieu de confection de briques… Pour la Direction Préfectorale de l’Environnement des Eaux et Forêts, cette menace est due à la dégradation des berges du fleuve et le non-respect des normes de protection de l’environnement.

Les pratiques qui concourent à la pollution et à la dégradation du fleuve, sont fréquentes. Elles se font au su et au vu des autorités. Sangban Kourouma, Directeur Préfectoral de l’Environnement des Eaux et Forêts explique:  » les causes principales, c’est la confection des briques, la coupe abusive des bois le long des cours d’eau, l’agriculture au niveau des berges ainsi que les feux de brousse… Ces activités sont pratiquées par nos parents malgré les différentes sensibilisations et les observations faites par eux-mêmes. Vingt ans en arrière, ces fleuves ou cours d’eau ne tarissaient pas. Mais à cause de l’action de l’homme, ces cours d’eau ne gardent plus l’eau en toute saison…., ils sont devenus saisonniers »

Rencontré sur son chantier au bord du fleuve, Manssa, le porte-parole des unités de briqueteries, se justifie non sans ignorer les méfaits de leurs activités sur le fleuve : « nous sommes conscients que la dégradation et la pollution des eaux constituent une véritable menace pour le fleuve. Mais nous n’avons pas de place pour exercer notre travail de brique. Mais nous ne sommes pas aussi des clandestins ! Nous payons des taxes à la commune, chaque année. Une taxe dont le montant s’élève à 200.000 francs guinéens. Et il y a plus d’une centaine de chantiers de briques ! Une équipe du gouvernement était venue ici un moment pour un reboisement le long du fleuve et l’aménagement. Mais ce projet n’a jamais vu le jour. »

Quant au Directeur Préfectoral de l’Environnement des Eaux et Forêt, il opte pour la sensibilisation accentuée: « les dispositions prises par rapport à cette situation, c’est de continuer à sensibiliser les populations à changer de mentalité et les encourager à entreprendre les actions de reboisement. Mais, nous travaillons aussi sur la base des textes et codes. Celui qui ne se met pas en règle et ne s’aligne pas, ira en prison. Le contenu du code est clair. On va l’appliquer. Toutes ces activités et les modes de gestion sont cités… »