La CENI guinéenne en erreur de découpage électoral à Bamako : Touba, un centre de vote sans électeurs potentiels

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Lors  de l’élection présidentielle guinéenne du 18 octobre 2020, dans la circonscription Du Mali/Bamako, la localité de Touba (différente des villes de même nom en Guinée ou au Sénégal et en Côte-d’Ivoire), a été au centre d’assez de controverses et d’interrogations. A savoir le choix de cette petite ville comme Centre de vote alors qu’en matière de  découpage électoral les critères définis dans les textes en vigueur n’y sont point remplis. Surtout quand ce choix a été fait au détriment d’autres villes maliennes où la Communauté guinéenne est fortement implantée. Éclairage de notre correspondant permanent à Bamako !

Touba, c’est le chef-lieu de la Commune rurale de Duguwolowula (7 villages), à 165 kilomètres de la capitale, dans le Cercle de Banamba, Région de Koulikoro. L’effectif de sa Population est estimé à moins de 30.000 Habitants presque sans Expatriés ou une famille guinéenne. Du moins, selon des témoignages concordants recueillis auprès des populations autochtones de la petite ville.
En effet, depuis la tenue du scrutin du dimanche 18 octobre 2020, des voix s’élèvent tant du côté de l’opposition que de la mouvance présidentielle pour fustiger le choix de Touba comme Centre de vote. Car, il s’agit là d’une localité où ne résident que quelques dizaines de jeunes Ressortissants guinéens et tous des élèves de medersas et d’écoles coraniques classiques. «Cette année même, il n’y a eu que 70 votants dont  57 voix pour le RPG, tous des Etudiants et sans ni carte consulaire ni carte d’identité nationale et non plus de passeport guinéens», a déclaré un Membre de la CEAMI à Guinéenews ayant requis l’anonymat.

Pour la petite histoire, des sources concordantes révèlent que tout est parti de l’élection présidentielle de 2015 où, pour des motifs frisant l’irrespect de l’esprit de la Loi électorale en vigueur, cette agglomération a été érigée de force en un centre de vote au détriment des grandes villes entières où résident des fortes communautés guinéennes. Certes, à l’image de ses homonymes du Sénégal, de la Guinée et de la Côte-d’Ivoire,   Touba (situé dans le Cercle de Banamba, Région de Koulikoro, République du Mali) est célèbre dans le domaine de l’Enseignement coranique. Ici au Mali, c’est une localité sainte au plan religieux. Mais, en termes d’immigration, elle n’accueille  pas des communautés étrangères. Selon nos investigations, il n’y a pas, en l’occurrence, des Ressortissants guinéens dont l’effectif justifierait son érection en un centre de vote. Surtout est-il   qu’au plan socio-économique aucun secteur, aucune activité n’a  la réputation d’attirer des expatriés sur place. Pourtant, lors de l’élection présidentielle de 2015, il y a eu 500 âmes recensées illégalement comme Guinéens. Oui, illégalement puisque, selon nos informations, la plupart des jeunes enrôlés n’avait pas de pièce attestant qu’ils sont de nationalité guinéenne. Sauf quelques dizaines d’élèves envoyés par leurs parents pour la mémorisation du Saint Coran.

Selon nos informations, tous ont été autorisés à voter par l’Ambassadeur de l’époque, Kabiné Condé, actuellement  au même poste au Brésil. A la rigueur, ce sont seulement cette minorité de jeunes apprenants inscrits dans les écoles coraniques et de médersas qui disposaient des cartes consulaires dûment délivrées par les services compétents de l’Ambassade  de Guinée à Bamako. Voilà ce qui continue de susciter des interrogations et de dissentiment, tant du côté des observateurs maliens du processus électoral guinéen qu’au sein de la Communauté.

Autre paradoxe…

En revanche, Kati, contrairement aux scrutins des années antérieures, n’a pas été retenu,  cette fois-ci, comme Centre de vote. Ce qui aura soulevé également de réels sentiments de frustrations et de regrets tant du côté de l’opposition que de la mouvance présidentielle. Selon un des Responsables des ressortissants guinéens à Kati, depuis l’avènement de l’ère démocratique, il y a toujours eu des bureaux de vote dans cette ville garnison malienne située à 15 kilomètres de la capitale. Cela, puisqu’au plan démographique et économique, la Communauté guinéenne y est fortement implantée.
Toutefois, il est établi qu’à l’issue des dernières opérations de recensement électoral il n’y a eu que 15 Guinéens enrôlés pour tout Kati lors du passage des Carles mobiles de la CENI. Raison avancée par  les Responsables de la Communauté guinéenne joints par Guinéenews porterait sur la proximité de cette ville à Bamako où les gens se sont rendus précipitamment pour ne pas rester sans être enrôlés sur le fichier électoral national.


Habib Diallo, depuis Bamako