La gendarmerie en deuil : un agent de la routière, mortellement fauché par un motocycliste

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On a de la peine à croire qu’un agent de la sécurité routière, surtout une femme, décède des suites d’accident de la circulation. Cela semble si paradoxal et surprenant ! N’est-il pas le surveillant en chef de la route, donc à priori, bien à l’abri de tout danger sur celle-ci? Pourtant, ravisons-nous, les accidents, pour tout le monde, restent du domaine du possible. Nul n’est vacciné contre eux, pas même l’agent qui protège les autres, hélas.

C’est ce qui est malheureusement arrivé dans la nuit d’hier dimanche, aux environs de 20 heures au PK 43, dans le sens Conakry-Coyah, non loin de l’usine Topaz. Nous sommes dans le quartier Friguiady de la sous-préfecture de Manéah, préfecture de Coyah.

La victime a été le margis-chef Nansouba Condé en service au commandement de la gendarmerie routière. Cette fille gendarme a été mortellement fauchée à la traversée de la chaussée par un taxi-motard. Le margis-chef Baba Francis Dramou, agent de constat de la même unité, nous rapporte que cette tragédie s’est produite peu de temps après que leur collègue, de retour de permission, les aient quittés au poste. C’est de là qu’elle s’est embarquée, leur disant au revoir. Une fois à hauteur de son domicile, situé de l’autre côté de la route, elle est descendue pour traverser la chaussée à deux voies, séparées par un terre-plein central. C’est là donc, qu’elle a été violemment heurtée par la moto TVS, immatriculée AC 0159, conduite par Aboubacar Baldé, âgé de 20 ans, taxi-motard de son état, qui retournait au km 36, après avoir déposé une nourrice à Manéah. Sous l’effet du choc, la fille gendarme a trouvé la mort pendant son transfert à l’hôpital préfectoral de Coyah.  Son corps a été déposé à la morgue du CHU Ignace Deen.

Le motocycliste est légèrement blessé au front et sa moto, quelque peu endommagée. Il déclare avoir vu, quelques instants avant le choc, comme un objet blanc placé devant lui. Aussitôt après, il ne se souvient plus de rien, ayant perdu conscience de ce qui l’entoure, pendant un bon moment.

A noter que cette route, densément fréquentée, vient d’être construite en 2X2 voies pour justement améliorer la circulation entre la capitale et la préfecture de Coyah. Elle ne dispose pas encore d’éclairage public, ce qui la rend assez dangereuse la nuit, surtout pour les piétons.

Fortement éprouvé par cette triste nouvelle, le lieutenant-colonel Michel Koly Sovogui, commandant la gendarmerie routière a dit tout son regret et celui du Haut commandement de la Gendarmerie Nationale, Direction de la Justice Militaire, de perdre, dans de pareilles circonstances, un gendarme. Il nous apprend que la défunte revenait juste d’une permission passée en famille à Kouroussa.  Elle devait reprendre le service ce lundi 08 février. C’est dans cette perspective qu’elle a entrepris de prendre contact avec ses collègues avant de rejoindre son domicile au plus tôt. Hélas, c’est dans ces circonstances qu’elle a trouvé la mort. Paix à son âme !