La Guinée veut investir dans l’axe Conakry-Kankan-Bamako pour reconquérir les transporteurs maliens (ministre des TP)

mars 23, 2019 4:05

Le Mali est un pays de l’hinterland, donc qui n’a aucun accès à la mer. Cette situation naturelle oblige les opérateurs économiques maliens à se rabattre sur des pays voisins dotés de port maritime. Il s’agit notamment la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Guinée. Parmi ces trois pays, le port autonome de Conakry est le plus naturellement proche de Bamako. En aller-retour, Bamako-Dakar fait 2730km; Bamako-Abidjan fait, en double trajet, 2344km. Pendant ce temps, l’aller-retour Bamako-Conakry fait exactement 1828km. En dépit de cette proximité, les  transporteurs maliens préfèrent se ravitailler à partir des ports de Dakar et d’Abidjan. Pour de nombreux observateurs, ce désintérêt des maliens pour le port de Conakry est dû au mauvais état du réseau routier guinéen.

« Au-delà même des frais portuaires ou encore des procédures de gestion du trafic portuaire, c’est l’état du réseau routier qui en est la cause. Qui parmi vous voudra faire circuler ses camions gros porteurs avec des conteneurs de marchandises sur des routes dégradées avec les risques d’accidents, de pannes, de perte de temps et donc de mauvaises affaires», a fait remarquer le ministre des Travaux publics à la faveur de sa récente sortie face à la presse.

Pour le ministre Moustapha Naïté, l’augmentation des capacités du port de Conakry par une concession, la suppression des frais supplémentaires et la baisse des coûts pour les transporteurs, doivent être suivies par des infrastructures routières fiables. En tout cas, le président Alpha Condé en a fait sa préoccupation. D’où son implication active dans le développement du réseau routier guinéen, a déclaré le ministre des TP.

Le projet de construction de la route Coyah-Mamou-Dabola, poursuit-il, entre dans le cadre de reconquête des transporteurs maliens. «Avec une prise en main complète et totale de l’axe Conakry-Kindia-Mamou-Dabola-Kouroussa-Kankan-Siguiri-Kourémalé, à la frontière Mali (789 km), qui sera entièrement praticable, la Guinée pourra apporter une sécurité dans le transport des marchandises vers le Mali voire le Burkina Faso. Et le Port Autonome de Conakry redeviendra le Port naturel du Mali avec toutes les retombées économiques, la création d’emplois etc. Et cette vision peut se poursuivre avec la construction d’un Port Sec à Kankan qui se trouve encore plus proche de Bamako», a  expliqué le ministre des Travaux Publics qui a insisté sur le fait que les ressources guinéennes doivent servir à concevoir ou construire des routes devant apporter aux Guinéens de la plus-value économique et permettre à la Guinée  de rivaliser économiquement avec les autres pays et apporter enfin le bien-être social aux populations.