La Tabaski, endeuillée par de nombreux accidents survenus en rase campagne

septembre 4, 2018 11:13
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Selon le chef d’escadron Abdourahmane Vérité Diallo, coordinateur national des services constat de la gendarmerie routière, ce sont 45 accidents qui ont été constatés par le commandement et les huit compagnies sécurité routière évoluant à l’intérieur du pays. Cela couvre la période située avant, pendant et après la fête. Les conséquences qui en ont découlé sont les suivantes :

59 personnes ont été victimes parmi lesquelles il a été dénombré:

Tués : 14 dont 02 femmes et un enfant de trois ans qui était installé entre deux personnes circulant à moto.

Blessés graves : 27 dont 3 femmes

Blessés légers : 18 dont 04 femmes

Les véhicules impliqués dans ces accidents sont principalement des véhicules légers et appartiennent dans une large proportion aux privés (42). Viennent ensuite, par ordre décroissant, les motos (14), les véhicules étrangers (02), l’Etat (01). Quant aux dégâts matériels, on note 39 importants et 15 légers.

Les causes de ces accidents sont les suivantes:

-Excès de vitesse 14 cas

-Circulation à gauche 10

 -Dépassement défectueux 08

 -Stationnement dangereux 05

-Défaut d’entretien technique 02

 -Sommeil au volant 02

– Non respect de la distance de sécurité 01

-Fausse manœuvre 01

-Changement de direction sans précaution 01

Le commandement de la gendarmerie routière et les huit compagnies sécurité routière ont géré chacun, du mieux possible, le secteur de contrôle qui lui est assigné par les dispositions en vigueur. Cette activité de prévention a produit le résultat suivant, par unité:

Commandement gendarmerie routière (Siège Cochery PK 43) : 04

Compagnies sécurité routière de :

Kindia  10 accidents

Boké : 10

Mamou : 04

Kankan : 03

Faranah : 01

Labé : 01

Guéckédou : 01

Nzérékoré : 01

A l’analyse de ces données, le chef d’escadron Michel Koly Sovogui  commandant de la gendarmerie routière rappelle que pour les services de sécurité routière (police et gendarmerie) de notre pays, la mise en place d’un dispositif particulier permettant de limiter les risques accrus d’accidents est devenue une tradition à l’approche de chaque fête légale ou religieuse.

La gendarmerie routière n’a pas dérogé à cette règle. Son commandement a initié un plan d’action mettant à contribution l’ensemble des huit compagnies sécurité routière relevant de son autorité et qui sont basées à l’intérieur du pays.

Entres autres consignes données aux gendarmes, le chef d’escadron Michel cite l’allègement du contrôle routier pour permettre aux citoyens en déplacement pour la fête, de rallier leurs villages respectifs sans retard, ni tracasseries. Il indique également que les agents ont été instruits de faire preuve de vigilance accrue pour contrer les éventuels coupeurs de route qui pourraient être tentés par la forte affluence d’usagers susceptibles de transporter des numéraires et autres objets de valeur.

Ces dispositifs avalisés par le Haut Commandement de la Gendarmerie Nationale, Direction de la Justice Militaire devaient permettre de garantir une circulation apaisée et sécurisée. Hélas, ça n’a pas suffi !

Partout, en rase campagne, d’importants mouvements de personnes ont été observés qui ont généré, malgré les dispositions mises en œuvre, des embouteillages énormes, même en des endroits inhabituels comme sur la nationale n0 1, de Conakry à Mamou.

D’après la gendarmerie routière, la tabaski de cette année a mobilisé bien plus de monde sur les routes que les années précédentes. Des files   impressionnantes de véhicules ont été observées à des points donnés,  surtout à la sortie de Kindia et à Mamou.

A cela il faut ajouter le grand déplacement de populations et du gouvernement sur Kankan pour la mamaya. La célébration de cet évènement culturel a contribué au trop plein de la circulation.

L’atmosphère qui prévaut sur nos routes pendant les fêtes reste très évocatrice de l’état d’esprit qui anime la plupart des usagers. L’exaltation et l’euphorie s’emparent souvent de bon nombre de conducteurs  qui prennent alors des risques qu’ils auraient évités en d’autres circonstances. Aussi note-t-on une recrudescence d’infractions, telles l’excès de vitesse, les dépassements et croisements dangereux, le non respect de la distance de sécurité, l’alcool au volant…

Pourtant, dira le chef d’escadron Michel Koly Sovogui, tout cela tient de facteurs négatifs vérifiables qu’on peut influencer. Bien d’autres situations se greffent à cette panoplie de comportements générateurs d’accident. Parmi les conducteurs qui se hasardent sur les routes en rase campagne figurent des non initiés qui ne pratiquent que la circulation urbaine. Ils abordent un environnement nouveau dont ils ignorent les spécificités et tombent le plus souvent dans le piège de la grande vitesse qui y est pratiquée. La configuration du terrain les met en présence de reliefs abrupts et de virages difficiles à négocier. Pris dans ce nouveau contexte de conduite en rase campagne qu’ils découvrent avec une certaine appréhension, ou victimes de panne, les voilà qui stationnent en des endroits inappropriés. Certains des accidents enregistrés tirent leur origine de ces comportements.

Exprimant sa compassion à l’endroit des familles des victimes d’accident, le commandant de la gendarmerie routière soutient que nulle part dans la survenue de ces tragédies, la fatalité n’est à invoquer. Cependant, explique-t-il, dans bien de cas, la superstition s’invite dans l’explication des accidents. Ainsi, quand une personne sur le chemin du village en est victime, on entend moult  commentaires ou rumeurs, comme si le malheur subi est la résultante du mauvais sort jeté par des parents envieux ou jaloux.

Pour conjurer ce soit disant mauvais sort à l’origine des accidents, le chef d’escadron Michel Koly Sovogui  invite chaque usager à un changement de comportement sur la route. C’est par ce biais, affirme t-il, que nous allons inverser la tendance actuelle qui indique une remontée du nombre et de la gravité des accidents dans notre pays.