Labé : de retour au bercail, des immigrés sortent la tête de l’eau

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A l’occasion de la journée internationale des migrants commémorée chaque 18 décembre afin de dissiper les préjugés et sensibiliser l’opinion sur ce fléau de plus en plus grandissant, la rédaction de votre quotidien électronique Guinéenews basée à Labé est allée à la rencontre d’une poignée de jeunes modèles qui se démarquent particulièrement dans leur domaine d’activité. Tous basés dans la commune urbaine de Labé, ces jeunes qui pour la plupart rentrent d’une aventure qui n’a pas été fructueuse arrivent à tirer leur épingle du jeu avec les moyens de bord.

Diplômé sans emploi, Djibril Keita de retour de l’Espagne où les choses n’ont pas été roses est rentré au pays pour rejoindre les rangs des conducteurs de mototaxis. Interpellé aux abords du marché central de Labé, il dit subvenir tranquillement aux besoins de sa famille grâce à ce métier : « il y a beaucoup de chose qu’on peut tirer dans ce secteur parce que tu peux non seulement avoir ta petite dépense pour ta petite famille mais aussi plus, si tu est bien organisé. C’est un métier rentable, il y a beaucoup de collègues qui ont acheté des terrains, qui ont construit et ont réalisé dans ça. Il y a aussi beaucoup d’aventuriers qui sont dans la corporation, par exemple moi j’ai fais l’Espagne, je parle l’espagnol mais n’empêche je fais le taxi-moto. Je connais les réalités de l’Europe, la galère qui est là-bas pour un sans papier, et une fois là-bas tu vas perdre 3, 4 à 5 ans banalement », estime t-il.

Après deux ans d’aventure en Europe, Barry Mamadou Diouldé a, quant à lui aussi, décidé de rentrer en 2013 pour entreprendre au bercail. A ce jour, il dirige l’une des plus grandes librairies de la région : « les deux ans que j’ai fait en Europe, je peux vous dire que je n’ai pas du tout épargné parce que beaucoup de personnes disaient que j’ai eu de l’argent en Europe. Mais sincèrement, je n’ai pas eu d’argent en Europe, j’ai eu de l’expérience quand même et ça m’a beaucoup aidé parce que je n’ai pas aujourd’hui l’idée d’aller en Europe ou ailleurs en tout cas pour chercher du travail. Donc, ce que je veux, c’est réussir chez moi. Dieu merci. Aujourd’hui, mon entreprise fonctionne bien et j’ai au moins 7 employés », souhaite-t-il.

Par ailleurs, nombreux sont les jeunes qui entreprennent et réussissent ici sans pour autant immigrer. C’est le cas de Dr Diallo Mamadou Cellou qui à 32 ans, qui est à la tête de trois cliniques médicales et d’une école de santé dans la ville de Labé.

Pour lui, toute initiative peut prospérer sur place : « je me dis qu’on est dans un pays où tout est vierge, il y a beaucoup de choses à faire, beaucoup de domaines non exploités. Il suffit juste d’avoir une vision et une ambition. C’est l’un des atouts que j’ai parce qu’il y a assez de projets qu’on peut exploiter sur place et qui ne demandent pas assez d’argent. Mais fort malheureusement, certains préfèrent investir à risque en traversant la méditerranée. Une fois là-bas tu n’auras même pas l’occasion de prier aux moments indiqués », déplore Dr Cellou.

El Hadj Mamadou Bobo Diallo, un autre jeune de Labé, pour sa part,  continue petit à petit à développer son réseau de commerce : « vous savez actuellement les choses ne sont pas cachées ; le monde est devenu virtuel. Moi, je peux être à Labé ici et faire une commande en Chine ou bien en Europe. Ça dépend du domaine dans lequel tu évolues. Par exemple, dans mon domaine qui est la vente des vêtements, j’ai eu l’opportunité de voyager en Chine, je suis allé faire une commande que j’ai vendu entre Conakry et Labé », déclare-t-il.

A travers les différentes initiatives de ces jeunes entrepreneurs, il est très facile de conclure que vivre et réussir chez soi est bel et bien possible.

 

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