Labé: des citoyens réclament la suspension de la grève qui peine à aboutir

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Déclenchée depuis plus d’un mois maintenant par le tandem syndicat-forces sociales de Guinée, la grève générale et illimitée peine à voir le bout du tunnel.

Une situation qui a tendance à provoquer des réactions chez certains citoyens en général et des commerçants en particulier, qui réclament désormais la suspension de ce mot d’ordre de grève.

Alpha Amadou Diallo, vendeur de matériaux de construction au marché central de Labé affirme que depuis le mois de juillet, il n’arrive pas à vendre plus d’une semaine. Alors qu’il y a, précise-t-il, a des obligations auxquelles il doit faire face. Il s’agit notamment des loyers, des taxes, du salaire des travailleurs…, rappelle Alpha Amadou Diallo qui demande au mouvement social de revoir sa copie. Car, estime-t-il, cette méthode de protestation ne marche plus.

«Je sais que les responsables syndicaux veulent nous aider, nous citoyens, à travers ce mot d’ordre de grève générale illimitée. Mais finalement on est aussi victime de cette grève qui ne fait que nous appauvrir davantage. Car, on vit au jour le jour. Si notre petit business reste paralysé pendant une, deux s, trois semaines, ça devient catastrophique au niveau de nos recettes», renchérit El Hadj Diouldé Baldé.

Dans le même ordre d’idées, Aliou Diakaby, un autre commerçant soutient de son côté: «on remercie le syndicat qui a montré qu’il est là pour défendre la cause du peuple de Guinée face à un gouvernement qui ne pense qu’à s’enrichir sur le dos de sa population. Face au refus catégorique du gouvernement d’accéder aux demandes de l’inter-centrale syndicale CNTG-USTG, je leur demande de tout simplement battre en retraite. Car, au jour d’aujourd’hui, tout le monde est habitué aux nouvelles tarifications du carburant imposée à la pompe.»

Diallo Abdoulaye, administrateur de son État, estime que le mal est déjà fait. «même si le prix du carburant revient à 8 000 GNF, les prix des denrées qui ont été revus à la hausse ne vont jamais baisser. On connaît la Guinée, seul le drapeau monte et descend. Donc que le carburant soit désormais à 10 000 GNF ou à 8 000 GNF, le calvaire restera le même. Car, le mal est déjà fait », dénonce-t-il.

Barry Fatoumata Binta, elle trouve que le mouvement manque de vivacité et d’inspirations. «Le syndicat et les forces sociales doivent être plus déterminés en paralysant à la fois toutes les activités. Quand tout sera paralysé à la fois, vous verrez que le gouvernement réagira immédiatement et positivement à leurs revendications. Mais tant qu’ils n’auront pas cette force, ce sera une peine perdue», a-t-elle indiqué.

Il faudrait rappeler que les derniers mouvements enregistrés en fin juillet à Labé ont viré à des scènes de violences qui se sont soldées par plusieurs blessés dont un par balles.