Labé: élèves et autorités boudent la bibliothèque préfectorale

juin 20, 2018 9:59
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Située au cœur de Kouroula, le quartier administratif de la commune urbaine de Labé, la bibliothèque préfectorale de Labé semble être abandonnée voire jetée aux oubliettes. Ce centre de lecture et de culture de Labé qui manque pratiquement de tout, peine à avoir des visiteurs.

Le manque d’accompagnement et l’inexistence d’une politique de gestion sont, entre autres, les causes de cette fâcheuse situation.

«La bibliothèque fonctionne avec difficulté… Il y a des livres importants ici, mais les gens ne s’y intéressent pratiquement pas pour en tirer profit», déplore Oumar Diakité, le directeur de la bibliothèque préfectorale de Labé.

Pour garder le cap face à l’absence totale de l’État et des institutions, les responsables de cette structure sont obligés de s’impliquer physiquement et financièrement. «Avec les efforts des uns et des autres, moi-même je me suis impliqué financièrement pour trouver beaucoup de livres surtout sur la littérature Africaine parce qu’ils sont les plus sollicités. Et à ce jour, les livres de la littérature Africaine qu’on avait, ont tous disparu. Mais, nous sommes battus avec nos propres moyens pour trouver quelques uns», soutient-il.

Parlant de la fréquentation de la bibliothèque par les encadreurs et élèves, le directeur précise que c’est seulement deux ou trois établissements d’enseignement privés  de Labé y sont réguliers. «C’est pratiquement les élèves de Yacine Diallo et de Kalima seulement qui y sont fréquents. Voilà pourquoi chaque année, on dit que c’est le privée qui occupe les meilleures places lors du baccalauréat», estime-t-il.

Par ailleurs, la quasi-totalité des écoles de la commune urbaine de Labé est dépourvue de leur propre bibliothèque. Celles qui en disposent font face à un manque criard d’actualisation des documents. Un constat partagé par Samba Diallo, professeur de mathématiques: «il suffit de télécharger les programmes. Les livres ne peuvent être que des guides, des repères parce qu’on dit souvent que ce sont les vieilles marmites qui préparent les meilleures sauces.»

Aujourd’hui, force est de constater que de moins en moins, le goût à la lecture auprès des élèves s’étiole au profit des nouvelles technologies.