Labé : hausse exponentielle du prix de la pomme de terre, après des moments d’incertitudes

0
845

Contre toute attente, le kilogramme de pomme de terre qui se négociait depuis plusieurs mois autour de 4 mille francs guinéens sur les marchés de la commune urbaine de Labé, se vend aujourd’hui entre 8 mille et 9 000 gnf. Soit une hausse de plus de 100 %, a constaté sur place Guinéenews.

La décongestion des magasins de stock par le bradage des pommes récoltées pendant le début de la pandémie du Coronavirus, serait les principales causes de cette hausse.

C’est du moins l’argumentaire que développe Aminatou Diallo, détaillante à Labé : « vous savez, la pomme de terre commence à se faire très rare maintenant. Vers le mois de mai, juin on vendait à n’importe quel prix car l’offre était nettement supérieure à la demande. Tout ce qu’on nous proposait, on l’acceptait. Maintenant, les choses commencent à se stabiliser. D’habitude à cette période, on vend le kilogramme entre 10 et 12 000 gnf »

Quant à Madani Baldé, un des producteurs locaux de pomme de terre, il estime que l’envolée du prix risque de continuer : « on a tellement brader la pomme de terre qu’on est pratiquement en rupture. Et les pertes enregistrées en cette période de crise sanitaire, ont découragé beaucoup de producteurs à telle enseigne qu’ils envisagent de faire autre chose. Sinon en pareil moment, tu trouves toujours des producteurs qui sont à la phase des récoltes et cela équilibre directement le marché. Sauf que c’est le contraire qui se dessine. »

Devant cette flambée des prix, Fanta Barry, ménagère, ne cache pas ses inquiétudes. « Cette situation devient particulièrement préoccupante. Car, le prix est monté de 4 000 gnf il n’y a pas longtemps à 8 000 gnf maintenant. Donc, le prix n’est plus stable.  On assiste désormais à des justifications totalement incompréhensibles », a-t-elle déclaré, l’air dépitée.

Par ailleurs, l’habituelle subvention de l’État aux agriculteurs se fait toujours désirer du côté de la préfecture de Labé où, selon nos informations, rien n’est jusque-là parvenu aux paysans.