Labé : Ne trouvant plus où manger pendant ce Ramadan, les non-musulmans crient à l’injustice

juin 4, 2018 9:34
0

C’est un secret de polichinelle en affirmant qu’à Labé, cafés, bars-restaurants et gargotes restent tous fermés tout au long de la journée à l’occasion du mois Saint de Ramadan. Une manière qui vise à contraindre les musulmans à observer strictement le jeûne. Sauf que cette politique cause assez de préjudices aux fidèles chrétiens et d’autres personnes qui n’observent pas ce jeûne. Ces derniers peinent, durant ce mois, à trouver du manger et sont obligés de passer quasiment tous les jours le ventre creux.

Tamba Koïvogui, est un chrétien en mission dans la commune urbaine de Labé, il nous témoigne de son quotidien. « Vous savez, toutes les activités à Labé sont liées aux mouvements des musulmans qui sont majoritaires. Cela est indéniable, mais qu’ils pensent un peu à nous autres. Car en ce moment, c’est vraiment compliqué surtout pour nous les ouvriers célibataires en service ici. On ne trouve absolument rien à manger à part le pain. Parfois, je passe toute une journée sans trouver un plat. Donc, c’est comme si on était en train de jeûner aussi », affirme-t-il.

Cette perturbation alimentaire n’est pas sans conséquence pour Sia Étienne, élève-maître à l’ENI (école nationale d’instituteurs) de Labé. « On avait l’habitude de manger ici matin, midi et soir. Mais depuis le début du Ramadan, quand tu viens le matin, tu ne trouves rien et tu es obligé d’attendre jusqu’à 18 heures. Personnellement, cela m’a causé beaucoup de problèmes parce que j’ai eu une diarrhée. En effet, le matin, je ne trouve rien à manger et le même scénario toute la journée. Idem pour la nuit. C’est pourquoi j’ai acheté des œufs qui m’ont finalement donné une diarrhée terrible. Il faut rappeler que lors du carême chrétien, tout le monde vend à tout le monde et à tout moment. C’est celui qui jeûne qui sait s’il doit toucher ou non à ce qui est interdit », a-t-elle fait savoir, l’air indignée.

Pour Doré Michel qui est étudiant à l’université de Labé, la situation est moins critique. « C’est en famille auprès des parents que je mange le matin. Après, il devient difficile pour moi  de trouver à manger lorsque je vais faire des courses en ville. J’aimerais appeler la communauté musulmane à mettre en tête que c’est vrai la majorité est musulmane, mais ils doivent savoir que la communauté chrétienne aussi vit ici à Labé », déclare-t-il.

Interpellé, El hadj Boubacar Baldé le président de la ligue islamique préfectorale de Labé s’est abstenu de tout commentaire. Car, dit-il, aucun restaurateur n’a reçu des consignes de fermer ou d’ouvrir de la part des religieux. En attendant, les chrétiens et les d’autres personnes qui ne jeûnent  pas sont obligés de se plier à cette règle commune.