Labé: oubliées dans le partage des livres, les écoles privées tirent la sonnette d’alarme

mars 15, 2019 8:04

Pratiquement au début de chaque année scolaire, les écoles publiques et privées sont dotées en manuels didactiques en Guinée. Ceci en vue d’harmoniser les programmes enseignés. Sauf que depuis près de dix ans, les établissements privés sont ignorés dans le partage de ces documents pédagogiques. Une ‘’injustice’’ dénoncée par l’association des écoles privées de Labé qui soutient que très souvent les sujets des examens sont tirés de ces manuels dont ils sont  privés et qui sont interdits de vente.

A en croire à Yamoussa Soumah, le président de l’association des écoles privées de Labé, le département est saisi de la situation. «Depuis 2011, cette dotation a cessé. Avant on les recevait mais depuis 2011, nous n’avons reçu aucun livre et aucune boîte de craie, rien de la part de l’Etat. Le bureau exécutif qui est à Conakry, a été voir monsieur Mory Sangaré (ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire). Ils lui ont posé cette question lors de leur entretien, il leur a répondu qu’il a trouvé une situation qu’il est obligé de gérer comme tel», a-t-il déclaré.

Face au silence les responsable de l’éducation et soucieuses de la formation de des élèves qui sont sous leur responsabilité, les écoles privées se battent comme elles le peuvent. Quitte à acheter ces manuels avec des cadres véreux qui soustraient frauduleusement des bibliothèques des écoles publiques. «Des gens volent des livres, ils se promènent à travers le pays pour les vendre. Parce qu’ici, tous les livres qui viennent ici sont cachetés. C’est juste pour la dotation. Eux, ils ne peuvent pas nous donner de livres, mais il y a des gens qui quittent Conakry et qui se promènent partout. Donc, on est obligé d’acheter avec eux », a ainsi confié Yamoussa Soumah avant de lancer cet appel: «nous lançons un appel au gouvernement de faire face aux écoles privées. Parce que si les sujets doivent être choisis dans ces livres et que les écoles privées n’en ont pas, cela devient une injustice. C’est pourquoi il est impératif que les écoles privées soient intégrées comme celles publiques, à la liste des bénéficiaires de ces livre.»

Joint au téléphone, le ministre de l’Education Nationale, Mory Sanagaré a promis de s’informer auprès des services en charge de la répartition des livres afin d’avoir une idée plus précise avant de se prononcer sur la situation.