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    Labé : Par manque d’incinérateur, l’hôpital régional mis à l’index par le voisinage

    Ils sont nombreux, les riverains de l’hôpital régional de Labé à se plaindre de l’incinération quotidienne des déchets produite par la structure sanitaire. Les voisins sont asphyxiés par la fumée et la cendre dans leurs concessions. Une situation très mal vécue par ces citoyens en cette période de crise sanitaire mondiale causée par le covid-19, a appris la rédaction locale de Guineenews© de sources concordantes.

    Amadou Sadio Camara, l’un des voisins de l’hôpital de Labé tente de camper le problème, « le problème est à deux niveaux. Premièrement, c’est l’incinération des déchets au niveau de l’hôpital régional. Maintenant quand ils procèdent à l’incinération aux abords de nos concessions nous qui sommes dans le voisinage, le vent dirige toute la fumée vers nos habitations. Ainsi, on n’arrive plus à étaler nos habits, à rester dehors, à recevoir des invités et même à manger dehors. Rien n’est possible durant tout le processus car il y a de la fumée et de la cendre. Le tout se dirige chez nous avec une odeur nauséabonde ».

    Et de poursuivre : « cela est plus intense ces 5 dernières années et aucune solution n’est trouvée. A chaque fois, nous allons à leur rencontre mais sans gain de cause. Car, on leur a même proposé d’envoyer ces déchets au niveau de la décharge. Ça n’a pas marché. Faute de tout cela, on leur a demandé au moins de procéder à l’incinération à des heures tardives. Mais toujours impossible. Il s’agit d’une fumée noire et intense qui se dirige droit vers nos concessions.

    Vu que ce sont des déchets provenant de l’hôpital, on a toujours peur avec la multiplication de ces maladies. Ils disent souvent que ça ne représente aucun risque pour notre santé mais laissezmoi vous dire que même la fumée au niveau des cuisines domestiques est nocive pour la santé de l’homme, à plus forte raison des déchets sanitaires ».

    Du côté de l’hôpital régional, c’est madame Binta Batouly Diallo, la surveillante générale qui a réagi : « c’est un vieux problème ça. Si la fumée se dirige vers leurs concessions ce n’est pas de notre volonté ; car notre objectif n’est pas de nuire à la population. On a plusieurs fois discuté autour de ce problème. Vous savez, on a d’abord les déchets généraux (feuilles d’arbres, papiers de bureaux, …) qu’on incinère tous les jours car ceux-ci sont produits au quotidien.  La deuxième catégorie, ce sont les déchets des traitements (pansement, seringues, coton, …). La troisième catégorie, ce sont des déchets liquides qui incluent tout ce qui est liquide. Ceux-ci sont déversés dans un trou hermétiquement fermé. Donc, chacun de ces déchets est détruit à part ».

    Selon elle, ces déchets ne peuvent être transportés à la décharge malgré le manque d’incinérateur. « C’est un hôpital public ça et ee n’est pas nous qui l’avons implanté ici et on ne peut pas le déplacer. Mais, il faut qu’on fasse nos travaux car on ne peut pas transporter ces déchets au niveau de la décharge car on doit préserver la santé des populations. C’est pour cela d’ailleurs qu’on procède à l’incinération. S’il n’y a pas d’incinérateur, on est obligé de brûler nos déchets. On ne se comprend pas avec les riverains car, de par le passé, ils sont passés par la clôture pour venir bastonner copieusement l’un de nos incinérateurs qui était en opération », a-t-elle dit.

    A la question de savoir si cette fumée ne menace pas la santé de ces riverains, madame Binta Batouly est claire : « je ne peux pas vous rassurer cela. Je ne peux pas vous dire que personne ne peut tomber malade suite à ces incinérations mais je vous dis qu’il n’y a aucune maladie dans la fumée. C’est comme la fumée des véhicules ».

    En plus de l’incinération, des déchets liquides quittent l’hôpital pour se déverser sur la chaussée comme l’explique ici Amadou Sadio Camara : « par ailleurs, ce sont les déchets liquides qui sortent de l’hôpital notamment au niveau du centre de traitement épidémiologique (CTPI) pour venir se déverser sur la route nationale. Imaginez-vous, cela se fait en cette période de covid19 et d’Ebola. A ce niveau aussi, on a envoyé une délégation au niveau de l’hôpital mais sans gain de cause », déplore-t-il.

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