Labé : un conflit domanial fait rage entre les directions régionales de l’Aménagement et TP

juin 11, 2019 1:26

Plus rien ne va entre la direction régionale de l’Aménagement de la Ville et celle des Travaux Publics (TP). Un domaine situé dans le quartier administratif, non loin du bloc administratif préfectoral, serait à l’origine de ce différend qui empoisonne de plus en plus les relations entre les deux services.

Les responsables de ces deux services auraient même été entendus par le gouverneur de région. Mais, visiblement la médiation de Madifing Diané n’a pas permis de vider le contentieux. Parce que chacun d’eux continue à revendiquer le droit de propriété sur ledit domaine qui abrite les services de la direction régionale des transports terrestres et la villa ENCO 5, devenue tout dernièrement l’auberge du Fouta.

Par ailleurs, la direction de l’Aménagement de la Ville et du Territoire menace même de fermer cette auberge si dans les heures qui suivent il n’est rétabli dans ses droits.

En effet, le conflit en question a éclaté lorsque la direction nationale des transports terrestres a voulu doter toutes ses directions régionales de bureaux identiques et conformes aux textes liés à la délivrance des permis de conduire. C’est dans ce contexte que la direction des Transports a demandé aux autorités locales de Labé de lui trouver un domaine pouvant abriter ses locaux. Il n’en fallait pas plus pour raviver la tension entre les directions régionales de l’Aménagement de la Ville et des TP.

«Ce bâtiment est un acquis de la révolution. Un bâtiment qui a été réalisé sur fonds propres par l’inspecteur Bangaly Camara. Parce qu’il était à la fois inspecteur régional des Travaux Publics…, transports, mines, carrière et météo. C’est lui qui s’occupait de ces cinq services à l’époque. Maintenant il a fait ce bâtiment pour tenter de décongestionner les services qui étaient concentrés dans deux petits bureaux à la préfecture. Récemment, une mission du bureau national des transports terrestres est venue me demander une proposition. J’ai proposé soit de rénover le bâtiment qu’il occupe afin de l’adapter au nouveau plan type qu’ils veulent ou le maintenir ainsi. Donc, ils ont promis de remonter ces propositions. Au départ de cette mission, j’ai vu monsieur le directeur régional des TP bondir devant ma porte pour me dire que ce que nous voulons faire, n’est pas faisable.  Car, il estime que le bâtiment que nous voulons occuper appartient aux Travaux public. J’ai dit que ce n’est pas vrai. Le bâtiment en question est un bâtiment collectif et non pour les TP. Mais paradoxalement, le reste du domaine en question qui a été utilisée comme base vie de l’entreprise ENCO 5, est transformé en hôtel de ville et géré par un inconnu avec lequel aucun bail n’a été établi avec l’administration. Donc celui-ci profite sur le dos de l’Etat », a expliqué Ibrahima Cabba Bah, le directeur régional de l’aménagement de la ville et du territoire.

Du berger à la bergère, Saïdou Pita Diallo, le directeur régional des TP a rétorqué aux propos de son homologue de l’Aménagement avant d’asséner sa part de vérité : « je ne rejette pas ce qu’il a dit mais ce n’est pas vrai. Pour ce qui est de l’auberge, on s’est dit aux TP que si on a un projet dans une région, qu’on va profiter de ce projet pour que les entreprises construisent leurs bases vie en ville sur nos domaines. Parce qu’avant, c’est en rase campagne qu’ils construisaient ces infrastructures. Donc après le projet, les infrastructures nous reviennent de droit. C’est dans cadre que la base vie d’ENCO 5 a été construite. L’auberge en question n’est pas privée, c’est l’Etat qui gère parce que l’argent généré par le fonds d’entretien routier ne couvre pas ses prévisions annuelles. On s’est donc dit de diversifier nos actions afin de combler les attentes. L’hôtel est géré par le fonds d’entretien routier et il n’est pas privé. L’histoire de ce bâtiment est une longue histoire car c’est l’inspecteur régional des TP qui était dans ce bâtiment. Le domaine appartient aux TP et même le domaine occupé par l’aménagement de la ville et du territoire appartient aux TP, on les a octroyés ce domaine en 1996. Les documents existent. »

Pour tenter de tirer cette affaire au clair, la Rédaction locale de Guinéenews a rencontré le préfet de Labé, El hadj Safioulaye Bah. Celui-ci a tenu à faire les mises au point suivantes : « Tous ces services sont toues des directions régionales et la région est là pour coordonner les choses. Ils n’ont pas de terre.  Donc, il ne sert à rien de se mettre en conflit. Ils doivent comprendre que toutes ces infrastructures appartiennent au patrimoine bâti-public et sont placées sont sous l’autorité de la préfecture. Je suis surpris de les voir se disputer autour d’un domaine alors que l’autorité préfectorale n’est pas saisie. »

Alors que chaque partie continue à camper sur sa position, la direction régionale de l’Aménagement de la Ville menace de fermer l’auberge du Fouta qui est partie intégrante du domaine litigieux.