Labé : zoom sur le plus grand marché de motos d’occasion de la région

avril 21, 2019 7:57

Disposant de l’un des plus grands parcs moto de la République de  Guinée, la commune urbaine de Labé continue à garder jalousement cette place de leader. Ce, avec une forte importation de motos de fabrications indienne mais aussi et surtout chinoise et japonaise.

A côté de ce commerce florissant, se développe, petit à petit, un marché parallèle de ventes de moto d’occasion très prisé par les moins aisés et les villageois, a constaté sur place Guineenews©.

Communément appelé en langue du terroir DHAARAL (littéralement parc), ce marché de motos de seconde main qui, était au début un garage, est devenu un lieu de référence dans la réparation et la vente de motos d’occasion. Un business fructueux pour plusieurs mécaniciens devenus des hommes d’affaires qui, désormais, ne font que réceptionner, réparer et revendre de vielles motos.

« J’ai commencé par la mécanique moto. Donc, j’ai évolué petit à petit pour me retrouver à ce stade. On a commencé par une moto de 250 000 GNF. A ce jour, on arrive même à vendre des motos de 08 à 09 millions GNF tout en livrant l’attestation de vente », explique Ousmane Koulibaly, mécanicien chef en service dans ce lieu de négoce.

Composé de plus de cinq maitres et des dizaines d’apprentis, le marché à moto peut à la fois proposer aux acheteurs une vingtaine d’engins de tout genre. Le prix varie selon la bourse du client à en croire Maladho Baldé, autre mécaniciens de moto de la place : « ici on a toutes les catégories et toutes les qualités. Il y a des motos de 400, 700 et 800 000 GNF d’un côté. Il y a aussi des motos de 2, 3, 5 jusqu’à 9 millions en vente ici. Donc, chaque client a son prix chez nous », déclare-t-il.

Plus loin, Maladho Baldé explique le circuit en profondeur : « En fait, on nous propose de vielles motos qui semblent irréparable. Mais comme toutes les pièces sont disponibles au marché, on débourse de l’argent pour les remettre en état et les revendre de sorte que le prix couvre toutes nos dépenses. Parfois aussi, il y a des personnes qui, par urgence, nous vendent des motos à l’état neuve. Donc, on achète pour après revendre à notre tour. C’est comme ça que ça marche »..

Un système qui soulage plusieurs acheteurs qui sont très souvent en grand nombre autour de ce marché. C’est le cas de Alpha Sannoun qui vient de se payer une moto : « c’est une moto de marque Part que je viens d’acheter à 1 million 500 000 GNF. Je suis très content car depuis longtemps, j’avais l’ambition de me faire une telle moto et c’est ici seulement que je pouvais avoir la moto de mes rêves à ce prix ».

Mais ce trafic ne se fait pas conséquences : « avant je payais des motos dont les papiers comme la carte grise n’étaient pas au complet. Quelque temps après, celui qui m’a vendu revient souvent avec ses parents qui attestent que ce n’est pas sa moto. Ainsi, je perds mon argent en restituant la moto aux propriétaires », affirme Ousmane Koulibaly.

Informer de l’existence de ce marché de vente de moto de seconde main, Colonel Tidiane Sano, le commissaire spécial de la sécurité routière de Labé tente d’orienter les acteurs.

« Pour ne pas avoir des problèmes puisque quand quelqu’un paie une moto déjà immatriculée qui porte son nom, votre devoir c’est de venir d’abord voir l’autorité pour délivrer un certificat de session. C’est ce qui le permettra de faire le transfert de la carte grise c’est-à-dire établir une nouvelle carte grise au nom du nouveau preneur », conseille-t-il.

En plus de la vente des motos d’occasion, ce groupe de mécaniciens essayent de se spécialiser dans la fabrication de pièces de rechange qui se font de plus en plus rares sur le marché.