L’Aïd El Fitr: immersion dans quelques ateliers de couture et salons de coiffure de Conakry

juin 15, 2018 12:25
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A quelques heures de la fête de Ramadan ou l’Aïd El Fitr, les ateliers de couture ne désemplissent pas.  Les tailleurs se plaignent de la perturbation du courant électrique qui handicape fortement leur travail. A cette allure ils auront du mal à tenir les rendez-vous fixés à leurs clients respectifs qui dénoncent d’ailleurs, eux, de  la lenteur des couturiers qui peinent à leur remettre leurs tenues de fête. Du côté des salons de coiffure, on se plaint par contre du manque de clients.  Dans ce reportage qui suit, Guinéenews sillonne quelques ateliers de couture et salons de coiffure des communes de Matoto, Ratoma et de Matam.

«Ce qui nous fatigue, c’est le manque de courant. Mais, cela a toujours été comme ainsi. L’Etat n’a jamais desservi à souhait les abonnés que nous sommes. C’est pourquoi nous nous débrouillons avec des groupes électrogènes. Seulement ce n’est pas chose aisées pour nous. Nous dépensons trop dans le carburant. En plus, nous risquons de ne pas être dans le délai », se plaint Ibro, tailleur à Matoto.

Du côté de Coleah, les mêmes plaintes reviennent.  Ousmane Touré qui a ouvert son atelier de couture dans ce quartier au mois de novembre  a été obligé de se passer de certaines commandes à cause du délestage.

«Nous avons des problèmes d’électricité qui n’est pas du tout stable. Comme je n’ai pas de groupe électrogène, j’ai acheté les machines mécaniques que j’utilise comme deuxième recours lorsqu’il n’y a pas de courant. A cause de cette instabilité du courant, j’ai rejeté beaucoup de clients juste pour éviter des ennuis avec eux», a déclaré Martin Guilavogui.

A ces délestages  s’ajoute la rareté de la clientèle. Une situation qui s’explique, selon Mohamed Touré, par la conjoncture actuelle.

«Comme vous le constatez, on n’a pas de courant et les clients ne sont pas cette fois-ci aussi nombreux. Par exemple, en prenant l’année précédente,  je dirai que je n’ai pas eux beaucoup de clients. Peut être que c’est la cherté de la vie qui est à l’origine de cela », estime ce couturier, l’air désemparé.

Déjà ce manque de courant commence à provoquer  des frustrations chez certains clients qui ont du mal à récupérer leurs habits.  C’est le cas de ce client qui est dans tous ses états.

«Je devais récupérer mes habits depuis la semaine dernière, mais jusqu’à présent, on me fait attendre. D’ailleurs, je ne compte pas bouger d’ici sans ma tenue. C’est à lui de se débrouiller…», se lâche une cliente qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat.

Dans les salons, les coiffeuses déplorent, elles, le manque d’engouement. Dans un salon de coiffure qui se situe à la Tannerie, les clientes se comptent  sur les doigts de la main. Toutefois, la propriétaire des lieux espère une amélioration dans les ultimes heures avant la fête.

«On n’a pas eu d’abord beaucoup de clientes, mais comme c’est le Ramadan, peut-être que les femmes évitent de se coiffer avec les mèches. Mais on espère à une certaine amélioration de l’affluence de la clientèle pour les prochaines heures », a souhaité cette coiffeuse.

Avec les perturbations intempestives dans la desserte en électricité, les ateliers de couture  font recours aux groupes électrogènes.  Pour être dans le délai, ils préfèrent prolonger le travail jusque-tard dans la nuit sinon au pire des cas jusqu’au petit matin.