Lancement des journées de concertation sur le Hajj : Alpha Condé crève l’abcès et exige des mesures fortes

mars 19, 2019 4:29

Les travaux des journées de concertations sur l’organisation du pèlerinage devant se tenir sur deux jours, ont été lancés ce mardi 19 mars à  Conakry. Plusieurs responsables d’agences de voyage,  des imams, des religieux venus de l’intérieur du pays des  communes de Conakry participent à cette rencontre. Au cours de ces journées d’échanges, les participants vont débattre sur le processus du Hajj, du début d’enregistrement des pèlerins jusqu’à leur retour à Conakry. Ils parleront des difficultés liées à ce processus afin d’apporter les meilleures solutions possibles afin qu’aller accomplir le devoir religieux à la Mecque ne soit plus synonyme de souffrances dues à la mauvaise organisation du pèlerinage.

Le président Alpha Condé, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de ces journées de concertation, a reconnu qu’il y a d’énormes problèmes dans l’organisation du pèlerinage. « On doit se parler franchement. Les pèlerins guinéens sont ceux qui souffrent de plus au pèlerinage. Il y a tant de combines, de malversations et de copinage. On va à la Mecque parce que c’est une obligation, mais il y a des conditions. On va à la Mecque quand on a les moyens », a indiqué le chef de l’Etat.

Selon le chef de l’État, il y a des scandales dans l’organisation du pèlerinage. Le premier, dit-il, c’est les gens qui viennent de l’intérieur du pays et qui sont obligés de passer des jours au centre islamique de Donka.

« Donc la première solution, c’est de résoudre cette question. On a  discuté avec l’Ambassadeur de l’Arabie Saoudite. Il a promis de nous aider à ce niveau. Donc on est train de mettre en place une structure pour que les gens soient enregistrés dans les chefs-lieux de régions. »

Cette année, les candidats au pèlerinage devront s’enregistrer dans les 7 régions administratives du pays et dans la zone spéciale de Conakry, chacun dans la région d’où relève sa préfecture.

Le second scandale, selon Alpha Condé, c’est le fait que le comité d’organisation du pèlerinage ne fait pas de rapport sur  le déroulement du Hajj afin de savoir ce qui a marché ou qui n’a pas marché, ce qui est à améliorer mais aussi ceux qui ont bien travaillé et ceux qui ont fauté.

Plus loin, il invite tout le monde à travailler dans la transparence : « Tout le monde doit travailler dans la transparence. Que ce soit des ministres mais aussi des imams. Tout le monde doit travailler dans la transparence pour l’intérêt de l’État. Quand le gouvernement dit qu’on envoie 200 personnes, après on trouve 300. Cela va cesser. »

L’autre défaillance dans l’organisation, c’est le retard. Là aussi, le président de la République a promis de mettre fin à cette mauvaise habitude: « le troisième point faible, c’est le retard. On doit commencer très tôt à afficher le coût [du pèlerinage] et commencer très tôt plusieurs mois avant. Désormais on doit commencer très tôt à fixer le prix et le début du pèlerinage. »

Insistant sur les souffrances des pèlerins guinéens, Alpha Condé, dit avoir vécu de ses propres yeux ce calvaire : « les Guinéens souffrent trop plus que les autres. Moi-même j’ai vécu les faits. Ce ne sont pas des « on-dit ».  Quand j’ai été au pèlerinage, j’ai vu comment les Guinéens souffrent par rapport aux Sénégalais, aux Maliens. Je l’ai vécu. On ne me l’a pas dit. On loge les pèlerins guinéens à des endroits très éloignés, juste parce qu’ils (les organisateurs, ndlr) paient moins. C’est inadmissible. »