Lansana Kouyaté: « J’étais absolument contre une nouvelle Constitution »

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Le président du Parti de l’espoir pour le développement national (Pedn) s’est exprimé ce mardi sur la situation sociopolitique de la Guinée. Depuis la France, Lansana Kouyaté s’est prêté aux questions de nos confrères d’Espace Fm. L’ancien Premier ministre guinéen s’est défini d’entrée comme un homme politique « absolument engagé pour que la Guinée aboutisse à la paix pour qu’elle parle d’avenir, pour que les Guinéens sachent que même l’impensable s’est joué dans des pays où la contradiction était encore plus grande. C’est le cas de l’Afrique du Sud où a régné un système inhumain, l’apartheid. Il a fallu que les hommes transcendent leur haine pour en venir à la paix. Il y a des questions qu’il faut se poser pour aller vers une Guinée apaisée, où le Guinéen n’aura pas peur, où il aura la joie, et mangera à sa faim. »

Interrogé sur la nouvelle Constitution, il n’a pas hésité à donner sa position : « J’étais absolument contre qu’une constitution soit soumise au peuple. Ma position a été clairement définie par les voies (réseaux sociaux, ndlr) que vous connaissez. »

De l’avis de M. Kouyaté, les élections du 22 mars n’ont pas « aidé la Guinée parce qu’on se trouve aujourd’hui dans une situation beaucoup plus compliquée qu’avant. »

Sur sa lecture situation sociopolitique du pays, l’ancien Premier ministre de consensus dira : « La situation est mauvaise. C’est le moins qu’on puisse dire parce que justement ceux qui jettent l’huile au feu sont toujours prêts à le faire. Heureusement que la Guinée n’est pas seulement composée que de ceux-là. Il y a des gens en Guinée, toutes ethnies confondues, qui pensent qu’il faut que ce pays retombe sur son bon pied pour aller de l’avant. »

« Pour ce qui est de l’élection de l’assemblée nationale, » il se rappelle avoir à Alpha Condé, lors d’une rencontre, de commencer par l’assemblée dont le mandat venait d’expirer. « C’est ce qui s’est passée avec le régime du président Lansana Conté. L’assemblée avait fait quatre ans sans être renouvelée. Comme il fallait s’y attendre lorsque le président fut rappelé à Dieu, ce ne sont pas les pécheurs qui sont venus, c’est l’armée qui est venue au pouvoir », précise-t-il.

Et poursuit Lansana Kouyaté : « pour ne pas vivre une telle situation, il a demandé à Alpha Condé, de commencer par les élections législatives mais cela demande du travail parce que le fichier électoral doit totalement nettoyé pour que les lois répondent, pour que la légitimité colle aux lois.  Là où les lois sont respectées, le pays avance, là où les lois ne sont pas acceptées, le pays recule. »