Le fils du premier président guinéen accusé de travail forcé au Texas

avril 27, 2018 11:31
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C’est la chaîne américaine CNN qui a donné hier l’information : Mohamed Touré, le fils du président Sekou Touré et son épouse ont été inculpés jeudi de travaux forcés après qu’une jeune femme qu’ils avaient asservie depuis plus de 16 ans ait réussi à échapper à son domicile à Southlake avec l’aide de ses voisins. Ils risquent 20 ans de prison pour cette infraction.

Mohamed Touré et Denise Cros-Touré, tous deux âgés de 57 ans, auraient amené la victime de la Guinée au Texas en 2000 alors qu’elle n’avait que 5 an, selon CNN.

Ils auraient alors forcé la jeune fille à faire le ménage et à prendre soin de leurs enfants, la soumettant à des abus physiques et émotionnels, a déclaré le ministère de la Justice dans un communiqué de presse.

« Bien que la victime ait été proche de l’âge des enfants, les accusés lui ont refusé l’accès à l’école et les autres opportunités offertes à leurs enfants », affirme le département.

Mohamed Touré est le président du Parti Démocratique de Guinée (PDG), l’ex parti unique que dirigeait son père.
Suite à la mort de son père en 1984, Mohamed Touré a été emprisonné avec d’autres membres de sa famille. Il a ensuite été exilé au Maroc et en Côte d’Ivoire avant de s’établir au Texas avec sa femme et ses enfants.

« Dans le cadre de leur plan coercitif visant à contraindre le travail de la victime, les accusés ont pris ses documents et l’ont fait rester illégalement aux Etats-Unis après l’expiration de son visa », affirme le ministère de la Justice dans son communiqué de presse. « Ils l’ont davantage isolée de sa famille et des autres et l’ont abusée physiquement et émotionnellement. »

Dans la plainte pénale contre les Touré, l’enquêteur principal allègue que la victime – désignée seulement comme Victime 1 ou FV-1 – a été forcée de dormir par terre pendant des années et n’a été emmenée chez un professionnel de la santé qu’une fois.

La plainte allègue également des incidents troublants d’abus physique commis par Cros-Touré, qui aurait battu la victime, parfois avec une ceinture ou un cordon électrique. Dans un incident, la victime a allégué qu’une boucle d’oreille avait été arrachée de son oreille par Cros-Touré avec une telle force qu’elle lui a déchirée le lobe de l’oreille, laissant une cicatrice visible.

La victime aurait également fréquemment été cinglée ou expulsée de la maison sans argent, sans papiers ni possibilité de communiquer en anglais.

Une fois, la victime a été découverte dans un parc par un policier et est retournée dans la famille Touré en fuite.

« Finalement, en août 2016, la victime a échappé aux accusés avec l’aide de plusieurs anciens voisins », affirme également le communiqué.
L’affaire a fait l’objet d’une enquête par le Service de sécurité diplomatique du Département d’État, qui est souvent impliqué dans des affaires pénales ayant une dimension internationale.