Le Gouverneur a-t-il fui Labé ? Madifing Diané réagit et accuse des groupes armés de semer la violence

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Les violences ont repris ce jeudi 23 janvier dans la ville de Karamoko Alpha Mô Labé. Après deux jours de tentative infructueuse d’atteindre les édifices publics dont le gouvernorat, les manifestants ont réussi à paralyser la ville. Labé a connu un après-midi agité avec deux morts et de nombreux civils et agents de défense et de sécurité blessés.

Joint au téléphone par les soins de notre rédaction, le gouverneur de région se dit disposer à « un départ » si c’est ce que les manifestants réclament. « Ce n’est pas un départ qui me dérangerait. Je suis là pour raison d’Etat. », affirme-t-il.

Par rapport à son départ vers une destination inconnue, Elhadj Madifing Diané rétorque : « Si j’étais dans un endroit inconnu, j’aurai éteint mon téléphone. Je suis à Labé. Je travaille pour la population de Labé. Je n’ai pas besoin de dire où je suis. Je travaille correctement, mes services travaillent correctement ».

Sur les cas de morts enregistrés cet après-midi, le gouverneur de région n’a pas encore reçu « ce rapport. »

Quel appel avez-vous à lancer aux populations de Labé ?

Elhadj Madifing Diané est catégorique : « ce ne sont pas les populations de Labé qui manifestent. Elles ne s’attaquent pas aux édifices publics. Nous connaissons les populations de Labé. Ceux qui s’attaquent aux édifices publics, ce sont des gens venus de partout. Ce sont eux qui ont cassé Pita, Dalaba et Lélouma. C’est un regroupement de gens en quelque sorte. Ils sont là avec des armes, des pistolets, des coupe-coupe et des frondes. Dix-huit de mes agents sont blessés actuellement. Ce sont eux qui jettent des pierres, qui pillent, et s’attaquent aux gens. La population est terrée et elle est autant assiégée.

Si la population de Labé ne veut pas d’un administrateur, c’est la chose la plus simple. Elle est tellement bien structurée et bien organisée, le lendemain, il va le voir plier ses bagages. Ce n’est pas une question d’Elhadj Madifing Diané. Si les manifestants s’acharnent contre moi, c’est parce que je suis un obstacle. »

Avez-vous mis en place vos services pour identifier ce groupe de « malfaiteurs » ?

Le gouverneur de Labé lance une invite : « mon cher, sortons de cette affaire. Ça, c’est de la stratégie. Ce n’est pas ma préoccupation actuelle… Ma préoccupation est celle de ramener le calme à Labé. »