Le ministre Somparé dit tout sur l’exclusivité de la retransmission des matches de la CAF par la RTG (Interview)

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La Confédération Africaine de Football (CAF) a récemment retenu l’Union Africaine des Radiodiffusions (UAR) comme agent exclusif pour la distribution des droits de retransmission de la Coupe d’Afrique des Nations Total 2019. A la suite de cette sélection, l’Union Africaine des Radiodiffusions a organisé des consultations entre les potentiels diffuseurs dans un certain nombre de pays, notamment au Sénégal, au Nigeria et au Cameroun.

En Guinée, c’est la Radiodiffusion Télévision Guinéenne qui s’offre le privilège de la retransmission non seulement de la CAN 2019, mais aussi de l’ensemble des compétitions de l’instance dirigeante du football continental. Cela, pour une durée de deux ans.

Dans une interview exclusive accordée à votre quotidien électronique Guinéenews, le ministre de l’Information et de la Communication aborde les raisons qui ont prévalu à cette désignation. Aussi, Amara Somparé révèle le montant à reverser à la CAF pour la retransmission de la CAN en vue, tout en réitérant leur disposition dans ce dossier à partager et à s’ouvrir aux télévisions qui manifesteront le désir de collaborer avec eux. Lisez !

Guinéenews.org : par l’entremise de votre ministère, la RTG vient de s’adjuger l’exclusivité de la retransmission des matches de l’édition 2019 de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), en plus de l’ensemble des compétitions de la CAF. Ce, jusqu’en 2021. Qu’est-ce qui a milité en cette faveur ?

Amara Somparé : avant de répondre à votre question, il me parait opportun, tout d’abord, de féliciter l’Union Africaine des Radiodiffusions (UAR) -dont notre pays est membre fondateur- pour l’acquisition des droits de commercialisation des licences de diffusion de la compétition sportive phare de notre continent (Coupe d’Afrique des Nations senior) ainsi que de neuf (9) autres dont la Ligue des Champions ou encore le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN). Cela s’inscrit dans la vision panafricaine du Chef de l’Etat et de ses pairs qui prônent la nécessité de faire davantage confiance aux enfants du continent lorsque l’expertise est avérée.

Pour en revenir à votre question, disons que nous avons participé à un appel d’offre obligatoire organisé par la Confédération Africaine de Football (CAF) à travers l’UAR. Cet appel d’offre comportait un certain nombre de critères administratifs, financiers et techniques. Parmi les éléments techniques, il fallait, par exemple, pouvoir justifier d’une capacité de couverture intégrale du territoire de diffusion par voie terrestre, mais aussi de pouvoir disposer d’un système de cryptage.

Autant d’éléments qui ont été évalués et qui, in fine, ont permis à la télévision nationale d’obtenir ces droits comme vous avez pu le constater lors de l’ouverture des plis le vendredi dernier par le Directeur Général de l’UAR.

Guinéenews.org : à combien peut-on estimer le montant à reverser à la CAF pour la retransmission exclusive des matches de la CAN ?

Amara Somparé: vous touchez un point de discorde important et qui a nécessité d’intenses discussions depuis plusieurs mois déjà entre les gouvernements africains et la CAF voire même la FIFA.

En effet, il vous souviendra que, par la voix du président Macky Sall du Sénégal, le mode d’attribution des droits de retransmission de ces compétitions et le coût associé avaient fait l’objet de critiques sévères de part de nos Chefs d’Etat, arguant, à juste titre, qu’il était extrêmement difficile pour les pays de notre continent de faire face à de telles dépenses. Cette sortie a abouti à une stratégie en plusieurs phases qui devrait à terme nous permettre de réduire substantiellement ces frais.

L’une des premières étapes envisagées consistaient à favoriser l’obtention de la commercialisation des droits par l’UAR, une instance panafricaine qui a, par le passé, fait ses preuves. La seconde étape consistera ensuite à trouver d’autres moyens de financement afin de réduire au maximum les charges supportées par nos Etats. Des discussions sont en cours avec diverses multinationales et elles devraient aboutir soit à l’horizon de la CAN 2021 soit plus vraisemblablement pour celle de 2023.

Cette année le montant que réglera notre pays à la CAF avoisine 1.7 millions d’euros. Selon l’UAR, c’est à peu près l’équivalent dont s’acquittera le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou encore le Ghana.

Il faut préciser, s’il en est besoin, qu’il aura fallu la détermination et l’implication de nos plus hautes autorités pour permettre à nos populations de vivre de près les matchs du Syli national.

Guinéenews.org : quel est le bien-fondé de cette démarche, quand on sait qu’à travers le bouquet Canal+, l’on suit aisément toutes ces compétitions ?

Amara Somparé: comme je vous le disais tantôt, l’appel d’offres concernait l’obtention des droits TV terrestres gratuits. La société que vous avez citée est plutôt présente sur la distribution satellitaire et n’est pas gratuite ; ce qui limite le nombre de foyers pouvant y avoir accès. La volonté du Gouvernement, et celle singulièrement de mon département, est de permettre à toutes nos populations de communier autour de leur équipe nationale et de profiter de cette fête continentale que représente cette CAN.

Guinéenews.org : êtes-vous aujourd’hui disposé à vous ouvrir aux autres chaînes de télévision opérant sur le territoire national ?

Amara Somparé: Il est vrai qu’aujourd’hui la RTG détient ces droits et pourrait, si elle le souhaite, diffuser l’intégralité de ces 10 compétitions. Cependant, nous pensons qu’il y a suffisamment de compétitions (10) et de matchs (252 au total, toutes compétitions confondues) pour pouvoir en faire bénéficier d’autres.

Nous avons la ferme volonté de faire preuve d’ouverture et de partage dans ce dossier. Pour ce faire, le cabinet du département et la direction générale de la RTG restent disponibles pour recevoir d’éventuelles offres des télévisions qui en exprimeront l’envie. Toutefois, nous insistons sur le fait que tout accord qui interviendrait dans ce cadre devrait se faire sous l’égide de l’UAR donc de la CAF. Il s’agit là d’une question de gouvernance et de transparence.

Entretien réalisé par Mady Bangoura