Le président élu de la Cour Constitutionnelle: «le cas de Kèlèfa appartient au passé. Je n’en parle pas et je regarde l’avenir»

septembre 28, 2018 1:55
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Dr Mohamed Lamine Bangoura est depuis ce vendredi 28 septembre 2018 le nouveau président de la Cour Constitutionnelle. Il a été élu à l’unanimité par des 8 conseillers « frondeurs » qui ont décidé de destituer de l’ancien président Kèlèfa Sall ce matin.

Dans cet entretien à chaud accordé  à notre rédaction, le président nouvellement élu de la Cour Constitutionnelle estime que la crise est terminée au sein de son institution avant de promettre d’œuvrer pour restaurer sa crédibilité. Par ailleurs Mohamed Lamine Bangoura rassure les Guinéens de veiller au respect strict de la loi   dans le pays.

«Je confirme l’information de l’élection du nouveau président de la Cour Constitutionnelle qui a eu lieu ce vendredi matin, conformément aux dispositifs de l’arrêt. Celui-ci, constatant l’empêchement du président Kèlèfa Sal, est rendu il y a deux semaines. Donc, conformément aux dispositifs de cet arrêt ainsi que les lois relatives à la Cour Constitutionnelle, nous avons organisé les élections ce matin devant huissier et en présence des huit (8) conseillers », a indiqué le nouveau président élu de la Cour Constitutionnelle avant de préciser que des dispositions étaient prises depuis jeudi pour la bonne marche de cette élection.

« Auparavant, à l’occasion d’une plénière hier jeudi, nous avons élaboré une lettre d’information à l’intention de tous les membres de la Cour Constitutionnelle, y compris M. Kèlèfa Sall. En réaction à cette lettre, M. Kèlèfa Sall a fait savoir qu’il ne pouvait prendre part à l’audience qui était prévue hier et qui devrait parler un peu des modalités d’organisation des élections et la détermination de la date à laquelle, les élections devaient se tenir. Cela a été constaté par un procès verbal à son absence. Donc hier, on s’est réuni à partie de 14 heures et on a décidé de tenir les élections ce matin. Un huissier a été désigné à cet effet. L’élection a eu lieu ce matin à bulletin secret conformément à la loi et en présence des huit (8) conseillers. Et les huit ont tous voté de façon libre et transparente en présence d’un huissier. J’étais le seul candidat et par conséquent à l’unanimité, j’ai été élu président de la Cour constitutionnelle », a souligné Mohamed Lamine Bangoura.

Cette crise qui a éclaté au sein de la  Cour Constitutionnelle depuis un certain temps a terni l’image de la plus haute institution juridique du pays. Une situation que compte changer le nouveau président.

 « Ce que je compte faire immédiatement, c’est de restaurer la crédibilité de la Cour Constitutionnelle, faire en sorte qu’elle fonctionne désormais conformément aux textes la régissant et tous les autres textes y afférents.  La Cour Constitutionnelle est un organe collégial et cela est consacré par ses différentes dispositions. Un organe collégial en ce sens que quand vous prenez les 90 articles de la Cour Constitutionnelle, seulement deux sont consacrés au président de la Cour. Pour nous c’est l’article relatif au mode de désignation du président et l’article relatif à son statut de l’ordonnateur principal de la Cour Constitutionnelle. En dehors de ces deux articles, il y a un autre qui est consacré au Secrétaire général comme étant chef d’administration placé sous l’autorité du président. Tous les autres articles sont relatifs à la Cour. C’est pour dire que la Cour constitutionnelle est un organe collégial, gardien de la Constitution. A ce titre, cela est illustré par l’article 37 de la loi organique qui dispose que la Cour statut est une formation collégiale. Donc nous entendons dans un premier temps, imprimer cette approche collégiale dans la gestion de la Cour constitutionnelle. Très bientôt une charte de gouvernance sera élaborée permettant une approche managériale qui va intégrer tous les conseillers dans la  gestion des affaires de la Cour Constitutionnelle, conformément à la loi », a-t-il précisé.

Depuis le début de cette crise, des voix se lèvent de partout et parlent d’un ‘’coup d’État’’ constitutionnel annonciateur d’un éventuel 3ème  mandat pour le président Alpha Condé. Sur ce point, Dr Mohamed Lamine Bangoura se montre rassurant. Selon lui, il n’est pas question de tripatouiller la constitution.  « Je rassure les Guinéens que la Cour Constitutionnelle, institution gardienne du respect de la suprématie de la constitution, va entièrement assumer avec dignité et responsabilité la mission qui lui est confiée. J’avoue que la crise pour moi est considérée comme étant passée, nous nous projetons sur l’avenir en ce sens que la Cour est restée dynamique et sereine avec les règles la régissant. Depuis le début de cette crise on s’est exprimé une seule fois sur la place publique parce qu’on a l’obligation de réserve. C’est ce qui nous   a amener à assumer notre responsabilité conforment aux textes régissant la Cour Constitutionnelle. Donc à partir d’aujourd’hui, il faut parler avenir. Notre objectif, c’est de restaurer la crédibilité de la Cour et faire en sorte qu’elle fonctionne conformément à la constitution, à la loi organique et à tous les textes y afférents. La crise nous la considérons comme étant le passé, nous répartissons sur de nouvelles bases », a conclu Dr Mohamed Lamine Bangoura.

Concernant la situation actuelle de Kélèfa Sall et de ce que les Conseillers lui reprochent, Dr Mohamed Lamine Bangoura estime que cette question appartient au passé désormais et que c’est l’avenir de la Cour qui compte. «Le cas de Kèlèfa appartient au passé. Je n’en parle pas et je regarde l’avenir», a affirmé à propos.