Le prix du carburant à la hausse : Les justifications du ministre des hydrocarbures

juillet 4, 2018 7:51
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Pendant que des citoyens manifestent dans certains endroits de Conakry pour protester contre la hausse du prix du carburant, le ministre des hydrocarbures accompagné de ses homologues du commerce, du budget, du travail et de l’enseignement technique, a animé un point de presse au siège de son département. Il était question pour eux d’expliquer aux journalistes les raisons  qui ont poussé le gouvernement à rehausser le prix des produits pétroliers.

Prenant la parole en premier, le ministre des hydrocarbures Diakaria Koulibaly a, dans son argumentaire expliqué que l’Etat a renoncé d’octobre 2017 à juin 2018 à ses taxes à hauteur de 750 milliards environ. Pour lui, c’est un dérapage budgétaire de nature à rétrécir la surface financière de l’Etat et l’empêcher à investir dans les secteurs qui les préoccupent tels que la santé et de l’éducation.  « Donc, poursuit-il, à partir  du mois de juin, on était face à un blocage. Toutes ces lignes qui servaient de matelas pour l’Etat d’être généreux avec une politique sociale, étaient épuisées. Mais au-delà, on avait aussi des engagements avec nos partenaires financiers. Vous savez quand vous partez vers les partenaires financiers, ils n’ont pas de problèmes à vous accompagner, mais ils vous demandent d’abord la mobilisation des ressources internes (…) Donc en adéquation avec ses engagements, l’Etat n’avait pas d’autres choix que d’augmenter le prix du carburant à partir du 1er juillet. »

Face justement à cette augmentation que les syndicalistes ont qualifié d’unilatérale, l’inter centrale syndicale CNTG-USTG, a annoncé une grève pendant trois jours pour un départ, qui sera suivie par une grève générale illimitée sur toute l’étendue du territoire nationale, si toutefois l’Etat ne reconsidère pas sa décision.

Mais  M. Koulibaly reste par ailleurs très optimiste quant à l’obtention d’une entente entre les deux parties. « Déjà, annonce-t-il, il y a eu une première journée de négociation. Ce qui est pertinent dans cette affaire et sur quoi le gouvernement s’est engagé à discuter avec le syndicat, c’est au niveau des mesures d’accompagnements. Naturellement, il va y avoir compréhension. On connaît bien notre pays, car on n’est passé par beaucoup de réalité. Le Guinéen a le sens du consensus, il a le sens du compromis, on est toujours parvenu à résoudre des problèmes qui se posent sur la table. Moi je n’ai pas de doute, je connais ce syndicat qui est très rationnel, je le connais très engagé pour le dialogue. Donc je pense qu’il y a aura compréhension parce que  c’est du devoir à la fois du gouvernement et  des acteurs sociaux de s’asseoir et convenir de quelque chose. »