Le pronostic vital de Toumba serait-il engagé ? Ses avocats tirent la sonnette d’alarme

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«Aujourd’hui, Toumba Diakité ne peut manger à sa faim, ni boire à sa soif. Il ne dort point à cause de son état de santé ; ses intestins qui sont presque dehors ne sont couverts que par la surface de sa peau »

Six mois après s’être déconstitué, le collectif des avocats de Toumba a signalé ce jeudi 11 septembre son retour pour la défense de son client. Selon Me Paul Yomba Kourouma, le doyen des trois avocats du collectif qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse à Conakry, c’est Toumba Diakité qui a sollicité ce retour.  «Puisque le pouvoir ne se repent pas, la justice est reléguée au second plan… C’est en cela que le retard du pool (d’avocats) se justifie », a indiqué Me Paul Yomba Kourouma après avoir longuement dénoncé les conditions de détention et de l’ordonnance de renvoi de son client devant le tribunal criminel de Dixinn.

Sur les conditions de détention, l’avocat a indiqué que l’ancien aide de camp de Dadis est aujourd’hui privé de toute liberté, y compris celle de s’informer. Pire, indique l’avocat, depuis son interrogatoire sur le fond du dossier au mois de mars 2017, Toumba n’a jamais mis pied à la véranda de sa cellule. Mais ce qui inquiète beaucoup les avocats, c’est « la hernie blanche qui s’est emparée de leur client ». Une pathologie qui ne pourrait se traiter qu’à l’étranger selon Me Paul Yomba.

«Aujourd’hui, Toumba Diakité ne peut manger à sa faim, ni boire à sa soif. Il ne dort point à cause de son état de santé ; ses intestins qui sont presque dehors ne sont couverts que par la surface de sa peau », a indiqué l’avocat. En dépit de cet état de santé, a aussi indiqué l’avocat, Aboubacar Sidiki Diakité est abandonné dans sa cellule. Aucun médecin ne s’occuperait de lui. Et depuis le retrait de leur collectif, aucun avocat n’a été commis d’office pour assurer sa défense. Pour Me Yomba, «l’exécutif et le judiciaire ont fait bloc contre les droits de défense », a dénoncé l’avocat.

Sur l’ordonnance de renvoi, les avocats ont indiqué qu’elle est « caractérisée par des violations massives des règles de droit et même de la loi ». « Il s’agit d’un travail bâclé… cette instruction devrait être reprise à zéro sinon Dadis et Toumba les échapperont », estime Me Paul Yomba Kourouma.