Le Ramadan: application mécanique ou intelligente des prescriptions révolues?

mai 18, 2018 10:25
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Chaque année, à l’approche du début ou de la fin du mois de pénitence et de sainteté, des contradictions et des contradictions fusent des milieux  musulmans au sujet de la lune, qui se donne aussi un petit plaisir de jouer un petit tour de cache-cache à ceux qui la cherchent.

Pour le même mois, certains commencent le jeûne plus tôt ou plus tard et fêtent la fin en rang dispersé et disloqué à cause de la lune. Depuis des temps, cette confusion règne. N’est-il pas temps que les Oulémas se conforment à La Mecque, puisque toutes les prières sont tournées vers elle, le centre d’attraction ? Si La lune est vue à la Mecque, si la Mecque commence la prière un lundi, pourquoi ne pas faire comme elle pour éviter les confusions ?

On a entendu des érudits et savants prôner et recommander des choses comme prescriptions qui font se poser des questions. On a entendu, par exemple, qu’il faut couper le jeûne avec des dattes, mais les dattiers ne poussent pas partout, dans certains pays loin des déserts, qui ne voient des dattes qu’occasionnellement, comment les musulmans de ces pays peuvent couper leur jeûne avec ?

Certains de ces conducteurs religieux musulmans font exactement comme certains enseignants, qui ont appris mécaniquement les enseignements des livres écrits strictement dans les conditions ambiantes de leurs auteurs. Il en est de même des érudits qui enseignent strictement le coran, sans tenir compte du milieu dans lequel ils vivent.

On a eu des causeries instructives avec des prédicateurs réputés, qui nous ont encouragés de poser  les questions sur tout ce qui nous paraît énigmatique ou curieux. La question posée était de savoir si tout le monde est au courant que certains grands musulmans, plusieurs fois El hadj, qui ne parlent, qui ne respirent et qui ne vivent que pour la prière, étaient auparavant des bandits et assassins, qui ont tué pour devenir riches, et est-ce qu’un assassin peut se faire pardonner chez Allah par les prières et par les sacrifices ?

 Le « Moualim ou l’oustaz » dit que le coran recommande de sacrifier 40 chamelles en gestation, de jeûner 40 ans et un tas de choses quasi impossibles. On lui a demandé comment un tel sacrifice pourrait être possible en Guinée, qui n’a pas de chamelles en gestation en élevage ? Le prédicateur a semblé été secoué mais il répond avec aplomb qu’il peut remplacer les chamelles par de vaches en gestation…

La dernière fois, c’était en décembre dernier, un pieux et respectable musulman était avec nous au bord de la route. Voyant une fillette sur une bicyclette, sans la connaître, il s’est mis à la gronder, une fille ne doit pas monter à vélo. Des filles commençaient à jouer au ballon dans le quartier, elles ont arrêté de jouer. On  a fait la remarque à El hadj qu’à la Mecque, l’on a commencé à autoriser les femmes à conduire les automobiles et le concours miss beauté commence à prendre le pas. Le fanatique riposte en disant : «  ça, c’est à la Mecque, pas chez nous ! », Mais El hadj, c’est ainsi que nous l’appelons, nous n’inventons pas la religion, nous imitons ce que la Mecque fait et recommande de faire…

Il y a des extrémistes, ce n’est pas mauvais, mais s’ils ne sont pas au courant des choses, s’ils estent demeurés sur les anciens enseignements confinés dans des livres, ils retardent les sociétés. Des exemples pareils sont nombreux. Auparavant, les anciens imams pensaient que c’était de l’hérésie de parler le français  ou l’anglais. Dernièrement, il s’est agi de recruter des imams pour une formation au Maroc, le critère principal est de parler la langue de Molière, et voilà que le très respecté grand imam de la Mosquée Fayçal s’est bien amélioré, comme l’un des premiers imams de Guinée El hadj Mansour Fadiga.

El hadji Mamadou Saliou Camara et Mansour Fadiga, qui sont les plus écoutés dans leur domaine, ont du pain sur la planche. Paix et santé à tous.