« L’électricité, c’est l’échec le plus marquant de ce régime depuis dix ans », dénonce Sidya Touré

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Alors qu’on s’achemine tout droit vers la saison pluvieuse, l’électricité se raréfie de plus en plus dans les lampes et autres appareils électroménagers. Un sujet abordé en brèche par le président de l’Union des forces républicaines (UFR), qui met à nu le manque de corrélation entre l’argent investi dans le secteur énergétique et la relative desserte en courant électrique.

« L’électricité, c’est l’échec le plus marquant de ce gouvernement depuis dix ans. Alpha Condé est arrivé en disant qu’en six  mois, il aurait réglé ce problème, comme nous l’avions fait en 1996. Dix ans après, 3 milliards de dollars dépensés plus tard, voilà où nous en sommes. C’est quelque chose qu’on a du mal à comprendre », fait noter d’emblée l’ancien Premier ministre.

Pour notre interlocuteur qui se présente comme un fin connaisseur du domaine,  la Guinée n’a pas un problème de ministre, encore moins de directeur. Plutôt, le problème, c’est cette administration qui est incapable de produire quoique ce soit, accuse-t-il.

« Donc, je ne suis pas du tout surpris. Tantôt, on parle de Kamsar, tantôt de je ne sais où, mais à Conakry ici, des nuits sont passées où mes chauffeurs et autres m’ont appelé me dire que de Kaloum jusqu’à Kagbélén, il n’y avait pas d’électricité. C’est déplorable !, regrette Sidya Touré.

Pour cause de courant électrique, les populations de Kamsar ont manifesté dans cette ville minière. Au soir de ces émeutes meurtrières, le président de la République a pris un décret limogeant Cheick Taliby Sylla à la tête du département de l’Énergie. Et pas plus tard que le lendemain, des citoyens acquis à la cause du ministre démis ont investi les rues pour exiger le retour de celui-ci au gouvernement.
Une démarche qui ne surprend guère Sidya Touré, qui accuse d’ailleurs le chef de l’Exécutif guinéen d’entretenir cette réalité qui, de toute vraisemblance, n’est plus un fait isolé.

« C’est Alpha Condé qui a politisé tout le système administratif du pays. Sinon, remplacer un ministre par un autre, ça se fait tous les jours dans les gouvernements. Mais si vous pensez à chaque fois que vous avez quelqu’un qui doit jouer un rôle politique, le débat va au niveau des militants », dresse-t-il.