Lélouma : Taxi-moto, une activité attractive

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Ils sont de plus en plus nombreux jeunes à se lancer dans les activités liées à la conduite des taxi-motos. Aujourd’hui, cette activité qui consiste à transporter les clients via des motos à travers toute la ville et même dans les localités éloignées est devenue le gagne-pain pour de nombreuses personnes à Lélouma.

Pourtant, il y a quelques années, ces taxis motards se comptaient du bout des doigts. Mais au fil du temps, leur nombre s’est démultiplié. Ils sont passés d’une dizaine à actuellement environ une centaine et demie.

Saliou Dambhoudhé Diallo est le précurseur de cette activité à Lélouma. Il se rappelle de ses débuts. «  C’est vers 2002-2003 que je suis rentré à Lélouma après plusieurs années d’aventure. A mon retour, et compte tenu de ma situation délicate à l’époque et comme je n’avais appris aucun métier, j’ai jugé nécessaire de payer une moto et essayer de faire le taxi. C’est ce qui fut fait.

Je stationnais au niveau de la gare routière et quand les voitures arrivaient avec des passagers, moi je demandais s’il y’avait quelqu’un qui voulait être accompagné. C’est parti comme ça et les gens ont vraiment apprécié car ce service manquait énormément.

Aujourd’hui, grâce à ça, je suis stable. J’ai réussi même à avoir un tricycle et j’arrive à subvenir aux dépenses de la famille. Et à l’heure où nous parlons, le nombre de motos taxi au niveau de la commune urbaine a considérable augmenté et nous sommes plus d’une centaine et demie », s’est réjoui le doyen précurseur dans la conduite des taxis motos.

Cette augmentation du nombre de taxi-motards s’expliquerait à Lélouma par plusieurs raisons. Le manque d’emplois des jeunes d’une part et d’autre part, par  la cherté de vie dont le milieu est confronté.

« J’ai fait plusieurs années de souffrance hors de la Guinée. A mon retour, et compte tenu de beaucoup de facteurs, je ne pouvais pas rester les bras croisés. C’est pourquoi, j’ai commencé à faire ce travail. Depuis trois ans maintenant, c’est grâce à cette activité que je suis en train de gagner ma vie. Parfois c’est un peu compliqué mais j’arrive à m’en sortir », explique, pour sa part, Mamadou Oury Diallo ; taxi motard.

Sur la même logique, un autre jeune taxi-motard soutient que c’est le manque d’activités génératrices de revenus qui l’a poussé dans ce métier.
« Vous savez, dans la vie, moi personnellement, ce que je déteste de plus, c’est de rester sans rien faire et toujours attendre des autres. C’est pour cette raison et pour soutenir les parents que j’ai commencé à faire le mototaxi. Aujourd’hui, j’ai réussi à avoir ma propre moto et je travaille pour moi-même. Malgré les difficultés, on fait avec », explique-t-il.

Si certaines personnes ont fait de cette activité leur métier principal, d’autres aussi la pratique de façon transitoire juste pour se dépanner.

«  Je suis chauffeur de métier mais quand c’est chaud, je fais du taxi moto pour pouvoir joindre les deux bouts en attendant que la situation me soit favorable pour continuer mon vrai travail », explique un autre sous le sceau de l’anonymat.

A la question de savoir un peu sur leurs recettes, unanimement,  nos interlocuteurs sont restés prudents là-dessus.

« Ça dépend de l’affluence des clients. Des fois, on gagne et de fois on ne gagne pas. C’est comme ça le marché. Cela y va de vos jours de chance », affirme Mamadou Oury Diallo avant d’ajouter que le mauvais état des routes aussi provoque des pannes de leurs engins et qu’il faut rester parfois plusieurs heures chez les mécaniciens.

Bien que ces taxi motards rendent un énorme service aux citoyens, d’aucuns pensent que les prix sont élevés et trop couteux.