Les journées de la jeunesse délocalisées : les jeunes de Fria entre colère et amertume dénoncent !

octobre 20, 2018 12:32
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Dans le cadre de l’organisation de la journée de la jeunesse, Damba Alsény chef de mission de la délégation du ministère de la jeunesse s’est rendu le 15 septembre 2018 à Fria pour annoncer la bonne nouvelle que la préfecture de Fria a été choisie par les autorités gouvernementales pour abriter cette journée.

Cette bonne nouvelle a été accueillie avec joie par les différentes couches composantes de la jeunesse qui, autour du directeur préfectoral de la jeunesse, ont tout de suite mis des commissions en place pour une organisation parfaite de cette journée qui s’étendra sur trois jours.

Après plus d’une dizaine de rencontres avec les différentes commissions mises en place  pour le bon déroulement de cette journée, aux dernières nouvelles, Abdoul Aziz Camara  DPJ (directeur préfectorale de la jeunesse) au cours d’une réunion a laissé entendre que la journée est délocalisée pour des raisons de sécurité.

« Chers amis, je viens d’être informé par Madame le préfet qu’une décision de la primature a été prise pour délocaliser la journée nationale de la jeunesse qui devrait avoir lieu dans notre préfecture du 1er au 03 novembre 2018 à Conakry pour dit-on raison de sécurité car cette journée devrait être clôturée par le président de la République le professeur Alpha Condé », a-t-il  annoncé

Cette nouvelle annoncée par le DPJ a attristé plus d’un dans la cité.

Ce jeune  d’un quartier qui a requis l’anonymat pointe du doigt les autorités gouvernementales lesquelles selon lui, ne digèrent pas la défaite des communales à Fria.

« Le jour que la délégation du ministère de la jeunesse nous a annoncé que c’est Fria qui allait abriter durant trois jours la journée nationale de la jeunesse, nous les animateurs des quartiers, les animateurs socio-éducatifs, les membres des plate-formes de la jeunesse sommes  aussitôt mis au travail et avions constitué des commissions pour passer au peigne fin tout ce qui allait aller dans le cadre de la réussite. Aux dernières nouvelles, le DPJ nous apprend  que la journée de la jeunesse est délocalisée pour des raisons de sécurité. Qu’on arrête de nous distraire ? De quelle insécurité veut-on nous faire croire ? Depuis 2012 durant les cinq années de fermeture de l’usine, il n’y a pas eu de troubles à Fria,  les élections présidentielles en 2015 tout s’est bien passée sans incidents signalés, le 22 juin 2018 le président est venu pour le lancement de l’usine, il a été accueilli en pompe et aucun incident signalé, le 12 octobre 2018 le premier ministre vient de quitter Fria, pas d’incident signalé, les maires et les conseillers municipaux viennent d’être élus sans problèmes, et de quelle insécurité fait on allusion ? », a-t-il déclaré.

Un autre jeune pense que c’est la défaite des élections qui est la cause de cette délocalisation.

«  Moi je pense que du fait qu’ils ont perdu les élections à Fria, ils trouvent de faux arguments pour nous enlever cette fête car ils ne peuvent pas digérer cette défaite et une manière de se venger des populations de Fria ; qu’ils s’en prennent à eux-mêmes. Moi je n’irai point à Conakry ce jour-là,  je préfère  rester  dans ma cité où il fait bon vivre et la sécurité est garantie », confie-t-il.

Cet autre tout remonté pense que le préfet et le DPJ ne sont pas à la hauteur des attentes de la jeunesse de Fria car, ils ne défendent que leurs  intérêts personnels.

« Le préfet et le DPJ ne sont pas bons pour la ville de Fria, ils ne se battent que pour leurs intérêts personnels et non pour la jeunesse. Depuis qu’ils sont à Fria, qu’ils nous disent quand est-ce que cette jeunesse s’est une fois mal comportée jusqu’à ce qu’on fasse recours aux services de sécurité pour rétablir l’ordre comme on le voit tout le temps à Conakry et dans les autres  préfectures  où des manifestations sont fréquentes et réprimées à longueur de journée ? Ces autorités doivent se battre pour que cette fête revienne à Fria sinon, ce sera vraiment dommage pour une jeunesse qui a besoin de soutien et d’encouragement pour son comportement », fustige-t-il.

Est-ce pour une question de sécurité du président de la République que cette journée est délocalisée ou pour d’autres raisons que seules les autorités gouvernementales savent puisque le président de la République était récemment à Kindia pour la célébration de la journée internationale de l’alimentation, une zone où il y avait des troubles sociaux ?

La préfecture de Fria aura-t-elle une autre opportunité pour regrouper des jeunes des autres préfectures du pays et de la sous- région, pour l’heure cette jeunesse n’a que ses yeux pour pleurer car elle vient de perdre une opportunité de financement de plus de dix projets ?