Les pèlerins menacent de prendre la rue pour se rendre à la Présidence

août 8, 2018 1:47
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Fatigués après plusieurs vols ratés, les candidats au Hadj 2018 bloqués dans les locaux de la grande Mosquée Fayçal, décident de prendre la rue pour se faire entendre. Décidés à se rendre hier à la Présidence de la République pour exprimer leur ras-le-bol. Ils ont été stoppés au niveau des Affaires Religieuses où Koutoubou Sanoh, le ministre Conseiller à la Présidence, a réussi à les calmer. Mais face à la souffrance qu’ils endurent et à la persistance du désordre orchestré par les organisateurs du Hadj 2018, ils projettent de marcher sur la Présidence de la République, a-t-on appris ce matin sur les antennes de la Radio Espace.

Mais pourquoi après tant de dispositions prises par les autorités, dispositions annoncées à cor et à cri, les pèlerins guinéens vivent le calvaire?

Rendus sur le terrain, nos confrères ont réussi à glaner quelques informations. Ainsi, selon leurs investigations, il avait été annoncé au départ trois vols par jour pour transporter les 7500 pèlerins guinéens avant le 13 août, la date butoir. Malheureusement, après les premiers départs, le programme est réduit à un vol. Pire, les vols du 6 et du 7août ont été annulés alors que les pèlerins s’étaient rendus à l’aéroport.

Les raisons de ce changement de programme?

Selon les travailleurs des agences de voyage impliquées dans l’organisation du Hadj, la ligue islamique chargée de fournir la liste des pèlerins prêts à prendre les vols, ne dépose pas les listes complètes ou elle le fait à compte goutte.

La compagnie aérienne qui ne veut pas donc prendre le risque, s’est vu obligée de réduire les vols ou annuler certains. Autre raison avancée, c’est celle ayant trait au carburant. Dans le contrat qui liait la compagnie Ethiopian Airlines, c’est le gouvernement guinéen qui devrait se charger de faire le plein de kérosène. Et la société Star Oil avait été choisie à cet effet. Mais malheureusement ce n’est pas le cas. Une fois sur le tarmac, l’avion doit attendre. On retarde le ravitaillement ou quand c’est fait,  ce n’est pas le plein. Il faut des heures de négociations. Ce qui bloque l’avion à terre.

On accuse aussi les intempéries qui obligeraient la compagnie d’annuler ses vols

Les pèlerins désemparés, retournent alors à la Grande Mosquée, leur lieu de regroupement. Les agences de voyage qui pensaient avoir fini avec ces pèlerins, interviennent pour les calmer et les gérer afin d’éviter le débordement. Mais devant l’impossible nul n’est tenu. Les pèlerins seront livrés à leur sort. Faute de places, ils s’entassent par terre pour dormir, se nourrissent dans les gargotes malfamées à leurs propres frais. Aller aux toilettes ? Un parcours du combattant. Ceux qui viennent de l’intérieur squattent dans les locaux de la grande Mosquée. Ils sont les plus touchés. Fatigués donc de cette situation, ces pèlerins menacent de prendre la rue jusqu’à la Présidence de la République pour se faire entendre.

Autre problème soulevé, c’est le régime alimentaire imposé aux pèlerins déjà à la Mecque. Nos confrères rapportent que les habitudes alimentaires des pèlerins auraient complètement changé. Conséquence, ils sont fréquemment victimes de l’indigestion. Pourquoi cette fois-ci, les pèlerins  guinéens sont obligés de consommer des repas imposés ? Parce que la Ligue Islamique en a décidé ainsi. Selon les informations reçues par nos confrères de la Radio Espace,  elle aurait refusé de faire partir les femmes guinéennes à la Mecque pour la cuisine en s’attachant les services des cuisinières saoudiennes.

Tout ce désordre, à écouter les intervenants, serait causé par les responsables du Secrétariat général des Affaires Religieuses qui profiteraient de la période de pèlerinage pour transformer la plupart de ses cadres en guides et encadreurs à la Mecque. Ce qui crée un vide dans les bureaux du Secrétariat. D’où le déficit au niveau de l’encadrement des candidats au Hadj 2018 abandonnés à eux-mêmes à la Grande Mosquée.

 Pour l’heure, toutes les tentatives de nos confrères pour avoir la réaction des responsables du Secrétariat général des Affaires Religieuses et ceux de la Ligue Islamique, sont restées vaines.

Il faut rappeler toutefois que la date butoir de la fermeture de l’aéroport de l’Arabie Saoudite aux pèlerins est fixée pour le 13 août prochain.