Levées de certaines restrictions : ce qu’en pensent les autorités et acteurs culturels

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Après plusieurs mois d’interdiction des événements culturels en Guinée, le président de la République a décidé mardi de la reprise de ces événements. Un ouf de soulagement pour le secteur culturel guinéen qui est resté longtemps éprouvé par ces restrictions depuis la survenue du Coronavirus. (Photo d’archives)

Au lendemain de la tombée de cette décision, le journaliste et promoteur culturel tire le chapeau au personnel soignant que Al Souaré félicite en premier chef, pour la régression de la maladie.

« Parce qu’aujourd’hui, le nombre de personnes alitées dans les hôpitaux a beaucoup baissé. Donc, c’est une performance qu’il faut déjà saluer. Et vu ce constat, les autorités au haut niveau, ont décidé de lever tout ce qui était suspension d’événements. Ce qui est déjà bien », se réjouit-il.

A ce jour, notre interlocuteur dont l’événement a été ajourné pour cause du Coronavirus indiqué que sa structure se déploie à sauver une année sabbatique. Ce qui lui fait dire que « Le match du rire » qui a été ajourné au mois de mars dernier est reprogrammé pour le mois de décembre prochain. Et que ce double spectacle aura lieu les 25 et 26 décembre.

Abordant les mesures auxquelles est assujetti l’allègement, le patron de ‘’Nord Sud Com’’ dit que ces restrictions vont beaucoup jouer sur son événement, notamment le port des masques, le lavage des mains, l’exécution des mesures barrières, ainsi que la distanciation dans le positionnement des invités. Ce qui, estime Al Souaré, va forcément réduire le nombre de places et de convives. « Mais on préfère s’adapter à ces exigences, espérant que dans les mois à venir, le couvre-feu va être levé par le président de la République pour qu’il y ait reprise effective des activités », formule-t-il.

L’artiste Oudy 1er avait également son événement en vue lorsque survenait la mesure interdisant les activités culturelles. Pour lui, cette nouvelle décision est un ouf de soulagement pour le secteur culturel, quand on sait qu’il a passé plus de six mois pratiquement sans activités.

« Je pense que durant cette crise sanitaire, c’est le secteur qui a été le plus éprouvé : pas de spectacles, pas de mariages. C’était très difficile pour les artistes de joindre les deux bouts, mais aussi pour les acteurs culturels. Parce que tout a été bloqué. Heureusement que l’État soit venu en aide aux acteurs culturels en nous accordant une prime qui nous a quand même soulagés. Il faut le dire. Une première d’ailleurs. Et à cela, s’ajoute cette bonne nouvelle qui vient vraiment à temps, parce qu’on était très coincé ». , confie le patron de Oudy Prod organisateur de ‘’Nuit de la Guinée’’ ».

Pour sa part, la directrice générale de l’Agence guinéenne de spectacles dit avoir accueilli la nouvelle de cet allègement fait sur le secteur culturel avec beaucoup de satisfaction. 

« Satisfaction, parce que ça fait quelques mois que nous travaillons avec les cadres du ministère, et à leur tête le ministre lui-même, pour faire un plaidoyer. Parce que c’est vrai que les conditions sanitaires étaient telles que nous ne pouvions nous-mêmes rien décider. Puisqu’il s’agissait d’une problématique de santé. Ce qui n’est pas négligeable. Il fallait donc discuter et convaincre les différentes personnes, notamment les cadres de l’ANSS qui font un travail remarquable pour le peuple. Il fallait les convaincre et trouver une certaine alternative pour justement alléger ces mesures. Et donc, nous sommes très contents que Monsieur le président de la République ait pris cette décision », témoigne Sayon Bamba.

La traversée de cette période, notre interlocutrice dit avoir été difficile et même très difficile pour l’Aspect dont elle a charge. « On a pu y résister grâce aux 2 milliards GNF débloqués par le gouvernement et qui ont pu soulager un peu les organisateurs d’événements et certaines associations culturelles du livre, de la danse et de la percussion, pour essayer de leur prouver que le gouvernement n’ignore pas leur existence », rappelle Sayon Bamba qui dit avoir prévu dans les prochains jours une session de communication avec l’ensemble des organisateurs formels, pour décliner les cahiers de charges liés aux organisations d’événements en République de Guinée, en tenant compte de ces différentes mesures.

« Sur des sites comme le Palais du peuple, nous serons amenés à diviser par deux avec le respect d’un siège sur deux occupés. Cela, en conformité avec le respect des règles sécuritaires et des gestes barrières. Donc, on est en train de travailler là-dessus. Nous allons le finaliser bientôt. Et je pense que le vendredi, nous allons rencontrer les acteurs et opérateurs culturels pour essayer d’avoir une discussion avec eux et les mettre dans les différentes conditions d’organiser », égrène-t-elle.

« Au-delà de cela, poursuit la directrice générale de l’AGS, nous invitons surtout les gens à la prudence. Parce que ceci est un essai. Il ne faudrait pas qu’en partant de cet essai-là que les chiffres triplent. Là, ça voudrait dire que la reprise des activités culturelles n’aura pas été favorable pour stopper la pandémie et cela pourrait causer préjudice. C’est pour cela que nous allons insister sur le respect des gestes barrières pour qu’on ne soit pas obligé d’arrêter les activités culturelles », a-t-elle averti.