L’homélie du Cardinal Robert Sarah à Labé : « S’il n’y a pas de paix, il ne peut y avoir de développement »

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Dans son homélie  qui a marqué la grande prière organisée dans la soirée de ce mercredi à l’église catholique de Labé, le Cardinal Robert Sarah a rendu hommage aux sages de cette cité foutanienne avec qui il continue d’entretenir des liens solides. L’homme de Dieu a saisi aussi l’opportunité pour  porter un regard critique sur la marche de notre pays. Crédit photo : page Facebook du Cardinal Robert Sarah.

« Je suis très content de revenir à Labé. Depuis plusieurs années, je ne suis pas passé. Je suis heureux de saluer avec affection, avec respect tous les habitants de Labé, de la région. Notamment mon respect religieux au grand imam, à tous mes frères musulmans. J’ai été toujours bien accueilli par eux ici, j’avais de bonnes relations avec eux », a entre autres laissé entendre le Cardinal Robert Sarah.

Sur l’actualité politique du pays, le Cardinal a été on ne peut plus clair en disant : « voyez-vous notre pays est riche. Pendant la révolution, on l’appelait scandale géologique, mais sur le plan économique nous sommes les derniers. Lorsqu’on voit la pauvreté des gens ; pauvreté sur le plan peut être intellectuel, parce que les écoles ne sont pas bien soignées; l’éducation n’est pas de qualité. Les hôpitaux c’est la même chose, les gens sont obligés d’être soignés à Dakar ou ailleurs. Les routes, vous le savez comment elles sont. Donc, pratiquement avant de parler de politique, on va parler de l’économie ; mais l’économie est liée à la politique. S’il n’y a pas la paix, s’il n’y a pas la communion entre nous, y a pas l’unité entre nous, il ne peut pas y avoir développement », a-t-il déclaré.

Avant d’émettre le vœu que son pays sorte enfin de l’ornière, en ces termes : « nous allons passer la nuit à se battre, les jours à se battre, à se tuer entre nous et ça ne va pas contribuer au développement de notre pays. Mon souhait c’est que la Guinée soit un pays de paix. Mais la paix, ce n’est pas seulement une négociation politique, c’est Dieu qui donne la paix. C’est lui notre paix. Si nous le prions, si nous le demandons sincèrement, il va nous donner la paix. Mais si nous le demandons seulement avec la bouche, mais le cœur n’est pas disposé, nous n’allons pas recevoir la paix. Donc, je souhaite qu’il y ait le dialogue, qu’il y ait la communion, qu’il y ait l’entente, qu’il y ait la concorde. Une fois qu’on a tout cela, nous pouvons envisager le développement économique », estime le cardinal Robert Sarah.

Ce jeudi 12 décembre 2019, il envisageait de rencontrer les sages de la ville de Labé.