L’horizon 2020 en perspective : une diversion qui démobilise

août 2, 2018 3:41
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Ce sont les revendications, sans grande importance, qui servent de dérivatif aux  acteurs politiques, qui perdent ainsi leur temps à des revendications intempestives.  Alors que le vrai enjeu, c’est l’après-Condé. C’est bien cette  hantise que bien des hommes politiques se refuseraient d’aborder, estimant qu’il faut en attendre le moment, même si les circonstances sont opportunes, pour en ouvrir, déjà, le chapitre.

Au regard de la configuration politique, les tendances se sont déjà dégagées. Chaque leader semble avoir choisi son camp, ou pour tout sacrifier, au profit de  privilèges immédiats, offerts par la providence, ou pour préserver sa posture de toutes tentations qui terniraient son image.

Toutefois, il ya bien un préalable encombrant, c’est le départ du président Condé, conformément à la Constitution, à l’horizon 2020. Pour l’opposition républicaine et la société civile, cette alternative ne constitue pas une préoccupation, la constitution sera respectée dans ses exigences, en tout cas, pour ce qui est du nombre de mandats présidentiels accordés au tenant du pouvoir. C’est dire que toutes tentatives visant à réviser la constitution seraient un sacrilège.

D’autres sons de cloche avaient fusé, un certain moment, du côté de la mouvance présidentielle, en faveur d’un hypothétique troisième mandat pour le champion du coup KO. Toutes ces diversions qui détournent de l’essentiel, l’Après-Condé, ne sauraient empêcher que l’on évoque déjà cette alternative. Il faudra bien s’y préparer avec enthousiasme et détermination. C’est pour  toutes ces raisons et tant d’autres, qu’il conviendrait, déjà, de connaître qui et qui seront de la course à l’horizon 2020 et avec quels atouts.

Du côté de l’opposition politique, l’ordre s’est établi de lui-même. Il s’agira du président de l’UFDG et de ses alliés, auxquels il serait normal d’ajouter le président PEDN, Lansana Kouyaté, ayant choisi d’être résolu, depuis sa déception d’avoir contribué à l’élection du Pr Condé en 2010. Sidya Touré y sera, de fait, bien qu’ayant choisi d’être à califourchon sur deux options contraires.

Le système ‘’IN-OUT’’ dont il a le secret. Ibrahima Kassory Fofana aurait de la peine à s’y inscrire, à moins qu’il le fasse en indépendant ou que le RPG Arc-en- Ciel le désigne comme son candidat. Faudrait-il en plus, se prémunir de suffisamment d’atouts pour relever cet autre défi qui n’est, malheureusement, pas économique. Dr Ousmane Kaba pourrait y figurer, mais avec quel viatique, étant un transfuge de la mouvance présidentielle et un ancien collaborateur du pouvoir qu’il se plaît à critiquer, aujourd’hui, pour avoir vu son rêve avorté.

Il est facile de se faire une idée du poids électoral de chacun de ces leaders et des atouts dont ils pourraient se prévaloir, chacun. Voilà ce qui, déjà, aurait dû constituer l’enjeu fondamental. Malheureusement, ce sont les manifestations de rue et les revendications intempestives qui divertissent, au point de détourner du plus préoccupant. L’horizon ne saurait être déplacé, il nous attend.