Libération des emprises de route et des domaines de l’Etat: des occupants anarchiques déguerpis à ENTA

octobre 22, 2018 8:12
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Le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire a procédé ce lundi 22 octobre à la démolition de plusieurs kiosques et magasins situés dans les alentours du marché d’ENTA. Cette opération vise notamment à libérer la façade du domaine  qui abrite une  mosquée et d’autres infrastructures offertes à la Guinée par le Maroc.

Les Caterpillar dudit département ont démoli hangars, kiosques, boutiques et magasins qui encombraient la devanture du site.  Aucun occupant d’un domaine de l’Etat ne sera épargné prévient, Dr Ibrahima Kourouma, le ministre en charge de la Ville et de l’Aménagement du Territoire.

«Dans un premier temps, nous avons mis les croix. Les gens ont continué à occuper et le site a été visité par le président de la République le week-end, il nous a donné instruction  de commencer le déguerpissement par là. Je vais profiter de l’occasion pour dire à tout le monde que tous ceux qui occupent les domaines de l’Etat ou qui se sont installés de manière anarchique, seront dégagés automatiquement sans état d’âme », a avertit le ministre Kourouma.

Les occupants des emprises de la transversale ENTA-Sonfonia se réclament propriétaires coutumiers. Sommés de quitter les lieux que sa famille occupait depuis 1988, Cissé Aboubacar affirme n’avoir pas d’autre solution que se soumettre à la loi.

«Cette place était pour notre père. Il a eu le domaine vers les années 1980. On nous avait demandé de quitter mais, on s’attendait à un dédommagement de la part de l’Etat. Et puisqu’il s’agit d’une cause commune, nous nous plions à la décision de l’Etat et on va quitter», a-t-il fait savoir.

 Mamadou Saliou Diallo, aidé par les membres de sa famille, tentait de vider le contenu de son magasin. Le bâtiment à étage construit par un de ses frères ne sera pas épargné. Ce vendeur ne cache pas son désarroi.

Sur la même lancée, un autre occupant qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat ne comprend pas pourquoi l’Etat leur demande de quitter leur lieu de travail. Désormais, il se demande comment gagner son pain.

Ce déguerpissement s’inscrit dans  la deuxième phase de l’opération de dégagement des points critiques à travers la capitale. Elle est lancée il y a quelques mois par le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire.