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    L’inspecteur général de la Santé attaque la gestion d’Ignace Deen, Dr Awada sort son bilan

    La gestion du Centre Hospitalo-Universitaire (CHU) Ignace Deen est jugée alarmante par l’Inspecteur général du ministère de la Santé, Dr Damany Kéita. La Direction générale de l’hôpital présente à peine une recette journalière de huit millions de francs guinéens. C’est un montant que Dr Damany Keita trouve dérisoire parce qu’estimant qu’elles auraient pu tourner autour de 30 à 40 millions de francs guinéens.

    Au téléphone de Guinéenews ce jeudi 18 mars, Dr Keita a fait savoir que dans un hôpital national d’une très grande envergure comme celui d’Ignace Deen où il y a plusieurs services, le seul service de la radiologie peut générer plus de huit millions de francs guinéens par jour.

    « Il y a des services de traumatologie, de pédiatrie, d’urgence, de cardiologie, de chirurgie, de gynéco-obstétrique qui rapportent suffisamment d’argent. Qu’on me dise que seulement huit millions de francs guinéens sont générés comme recette chaque jour et parfois, il n’arrive même pas à ce montant. Si les recettes sont déclarées comme il faut, on peut se retrouver autour de 30 jusqu’à 40 millions de francs guinéens par jour », a-t-il expliqué au bout du fil.

    Dans la même logique, Dr Kéita a indiqué que l’essentiel de toutes les activités au niveau des structures sanitaires, est le mieux être de la population sur le plan sanitaire. Par conséquent, dit-il, les fonds destinés aux structures sanitaires, doivent être utilisés afin que la population sorte satisfaite des prestations fournies.

    « Au niveau d’un hôpital, il y a deux sources de financement. Il y a un qui vient de l’Etat, c’est-à-dire, le Budget National de Développement (BND) et l’autre qu’on appelle les recettes propres. C’est-à-dire, les recettes internes. L’argent généré à travers les différentes prestations à savoir, les frais de consultation, des examens dans les laboratoires biomédicaux, les frais pour les radiographies et les cas de chirurgie dans les blocs opératoires (…). Cet argent permet de faire face à certains petits besoins de la structure ou à l’entretien de certains appareils et l’autre partie doit être déposée au trésor public pour permettre la pérennisation du système. Mais très malheureusement, au niveau de l’échelle, de la base jusqu’au sommet, les uns et les autres prennent de l’argent. C’est-à-dire, il n’y a pas une déclaration claire des montants reçus dans les mains des patients. Ce qui veut dire qu’il y a un détournement alors que les hôpitaux publics ne sont pas des structures privées », a-t-il dénoncé.

    Poursuivant, Dr Kéita a rappelé qu’un médecin tout comme un laborantin ne doit toucher à l’argent.

    « Mais très malheureusement, tout le monde prend de l’argent à l’hôpital. L’Etat guinéen fait beaucoup pour sa population par exemple, la gratuité de la césarienne. Il y a beaucoup de médicaments qui sont offerts gratuitement. Chaque année, des milliards de francs guinéens tombent au titre des subventions dans chaque hôpital pour pouvoir aider les structures sanitaires à se développer. Il faut que ces structures fassent quelque chose pour aider aussi l’Etat. C’est une opération qui va continuer dans toutes les structures sanitaires publiques sur l’ensemble du territoire national. Le temps de l’impunité est fini. Quand le chef de l’Etat a dit ‘’gouverner autrement’’. Il y en a qui pensent que c’est un simple slogan. Je crois que cela va se faire voir dans les actes et dans les faits. Nous n’allons plus être complaisants, des mesures disciplinaires vont être prises », a-t-il promis.

    Par ailleurs, joint ce vendredi par Guinéenews, le Directeur général de l’Hôpital Ignace Deen, Dr Mohamed Awada n’a pas voulu commenter ces accusations de l’Inspecteur général de la Santé.

    Toutefois, le DG d’Ignace Deen a préféré nous faire faire le tour de l’hôpital. Histoire de nous montrer les réalisations qu’il a effectuées depuis son arrivée à la tête de l’hôpital. Pour lui, les actes qu’il a posés parlent d’eux-mêmes, tous les bâtiments sont peints, des places de repos sont aménagées pour les malades et les étudiants, des fontaines d’eau sont installées pour l’adduction d’eau, la morgue a changé de visage avec l’installation des chambres froides, des dallettes sont posées dans la cour avec des poubelles installées à plusieurs endroits (…).

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