Logement: une cinquantaine de personnes victimes d’une escroquerie à grande échelle à Conakry

décembre 19, 2018 6:43

Un homme, les soixante ans bien sonnés, a pu profiter du besoin intense de logements à Conakry pour escroquer une bagatelle de plus de 1 milliard de francs guinéens. Les faits remontent à 2015 dans le quartier de Taouayah,  secteur Mollah-Touréyah, commune de Ratoma.

Lansana Bangoura, né en 1957 à Conakry, a été accusé d’avoir escroqué 800 millions GNF à 161 personnes avec lesquels il a pris des paiements en avance pour des appartements dans un immeuble de R+2.

L’immeuble en question était en construction et il a été promis à chacune des victimes une chambre-salon-douche, une chambre-douche, etc. selon le besoin. S’étant rendues compte qu’elles ont été escroquées, les victimes ont porté plainte au niveau du quartier. Cette action n’ayant pas abouti, elles ont porté plainte au tribunal de première instance de Dixinn. C’est ainsi que Lansana Bangoura a été arrêté et déféré sous le mandat de dépôt du 23 avril 2015.

Par son procès-verbal d’interrogatoire de flagrant délit du 2 septembre 2016, le substitut du procureur, Alsény Bah, a traduit Lansana Bangoura devant la formation correctionnelle aux fins d’être jugé pour le chef d’inculpation d’escroquerie. Condamné à 20 mois d’emprisonnement et au remboursement de l’argent aux victimes, Lansana Bangoura a bénéficié d’une grâce présidentielle le 28 décembre 2017.

Ayant appris la libération de Lansana Bangoura, les victimes ont saisi le chef du secteur qui, à son tour, est allé voir ‘’l’escroc’’. Mais la réponse de M. Bangoura n’a été que de dire que le problème est désormais entre les victimes et la justice. Au lieu de se contenter de cette première escroquerie, M. Bangoura a commencé à faire d’autres victimes à partir du mois de juin 2018. Cette fois-ci, c’est une cinquantaine de personnes qui disent avoir donné de l’argent à Lansana Bangoura pour des appartements dans l’immeuble R+2 se trouvant dans sa concession.

Constituées en un collectif, les victimes ont manifesté dimanche 16 décembre devant le domicile de Lansana Bangoura. Malheureusement pour eux, ce dernier a pris la poudre d’escampette.

Selon Ibrahima Diallo, le collectif des victimes va rencontrer le procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn le jeudi 20 décembre, le collectif.

«Tout ce que nous voulons, c’est ce que l’Etat saisisse le bâtiment et le revende pour nous rembourser. A défaut, que l’Etat nous trouve des moyens de nous rembourser ou nous trouver des logements. Ce jeudi nous irons voir le procureur de Dixinn. Si nous n’avons pas de suite favorable, on ira chez le ministre de la Justice puis chez le président à Sekhoutouréya. Si toutes ces actions n’aboutissent pas, nous allons démolir le bâtiment pour que lui aussi perde au même titre que nous », a fait savoir Ibrahima Diallo, une des victimes.